Le Match Pini-Kirchhoffer

Item

Title
Le Match Pini-Kirchhoffer
Alternative Title
The Pini-Kirchhoffer Match
References
Pini, Eugenio
Kirchhoffer, Alphonse
Description
Cover article recounting the renowned fencing competition between the popular fencing masters Pini and Kirchhoffer of the Italian and French schools, respectively.

The competition occurred over three days and at two different locations. The first day of competition was held on a Tuesday at the Grand Hotel, continued at the "Sociétés Savantes" on Wednesday, and finished back at the Grand Hotel on Thursday.

By the conclusion of the competition, Kirchhoffer had made 24 touches against Pini and received 22 himself. The results and outcome was, according to the author, not the competition organizer's priority which was instead celebrating "the glory of the arms."
Creator
G. B.
Contributor
Georges Dutriac (Artist)
Date
March 29, 1902
volume
60
number
3083
page start
207
page end
208
Publisher
Fencing Arms & Artifacts
Rights
CC BY-NC 4.0
Extent
30.2 x 41 cm (complete periodical, closed)
Language
French
Identifier
2020.04.001
Spatial Coverage
Provenance
Loaned for digitization by Benjamin Bowles
Digitized by Benjamin Bowles
Cataloged by Benjamin Bowles
content
LE MATCH PINI-KIRCHHOFFER Sans doute, il n'est pas trop tard pour parler encore d'eux. C'est une tradition vénérée de tout « vrai Parisien », qu'il soit Bleu de Bretagne ou Cadet de Gascogne, une tradition à laquelle nous ne saurions nous soustraire sans encourir les pires cataclysmes, que chaque saison ait ce que les initiés appellent, faute sans doute d'un mot assez expressif dans la langue française, son « great event » sportif. Or à moins que quelque duel en musique en vienne effacer le souvenir, le match Pini-Kirchhoffer demeurera l'événement sensationnel, le « great event » de cette saison.

Ce furent, vrai Dieu! de belles passes, que celles qui se déroulerent dans ces trois séances, où chaque jour l'on changeait de local, afin de dépister les mauvaises influences et d'égaliser les conditions, commençant le mardi au Grand Hôtel, pour 'continuer le mercredi aux Sociétés Savantes et en finir, le jeudi, au Grand Hôtel, derechef. Car, .de l'avis des connaisseurs, « l'influence du milieu ambiant, très secondaire en apparence, peut devenir appréciable lorsqu'elle est amplifiée par la tension nerveuse que subissent les adversaires. » Eh ! bien, l'influence de la salle du Grand Hôtel fut aux deux fois favorable au chevalier Pini.

Kirchhoffer est élégant, pas très grand, mince, mais nerveux. Gaucher, d'ailleurs, et tout jeune encore, il est fameux, dans le monde des escrimeurs, pour son « jarret ». Pini, sans ètre non plus de grande tailte, a la carrure d'un athlète, et une musculature admirable. De profil aquilin très accusé, il apparaît sur la planche, ramassé et comme embusqué derrière son arme. Quand il parle, un fort accent, des italianismes trahissent son origine : «A la masque et au bras après » s'écriet-il accusant un coup.

Les assauts ont été violents, et, au moins dans la première partie, fertiles en corps à corps, tant les deux championsy mettaient d'ardeur. A maintes reprises, le jury eut à délibérer sur des coups douteux. On a calculé que, dans la dernière séance, sur deux heures qu'a duré l'assaut, il n'y a eu que vingt-huit minutes de combat.

En somme, au cours des trois assauts, Kirchhoffer avait touché 24 fois, Pini 22. Mais deux manches sur trois étaient demeurées à celuici.

Il faut rendre aux organisateurs cette justice qu'ils ont fait l'impossible pour que cette rencontre fût exclusivement à la gloire des armes. Mais qui saurait tout prévoir? Les choses les plus sacrées, hélas! en ce siècle de scepticisme, ne sont pas au-dessus des attouchements profanes. Et voici la note qui, dans un journal spécial, venait en post-scriptum du compte rendu le plus pieux :

“On a beaucoup admiré les costumes des deux maîtres, ainsi que leurs armes. Les fleurets de Pini sont montés d'après le modèle italien de X...; ceux de Kirchhoffer sont d'excellents quatre,d'un acier remarquable. Costumes et armes sortent des ateliers de MM. Y... et fils, 3, rue de la Sainte-Chapelle.”