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Title
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fr
Ce Que Fut Vigeant : Plume Et Fleuret
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Alternative Title
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en
What Vigeant Was: Pen and Foil
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Description
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The article provides a comprehensive overview of Paul-Arsène Vigeant's life and legacy. It details his early life in Metz, his military service and escape during the Franco-Prussian War, and his distinguished career as a fencing master in institutions like Collège Stanislas. Vigeant's prowess with the foil, adherence to the Jean-Louis method, and his role in training notable fencers such as Kirchhoffer are highlighted. The article discusses Vigeant's involvement in notable duels, his literary contributions with monographs on fencing masters, and his membership in the Société des Gens de Lettres. It concludes with his peaceful passing in Beausoleil, underscoring his dual impact as both a skilled fencer and a respected writer within the fencing community.
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Date
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June 15, 1916
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number
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829
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pages
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10
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Rights
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Public Domain
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content
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Ce Que Fut Vigeant : Plume Et Fleuret
Par J. Joseph-Renaud
Mort de Vigeant, Octogénaire. — Le Culte Du Fleuret. — Le Style De Vigeant. — Histoire d'un Duel fameux. — Vigeant Écrivain.
PLUME et fleuret ! Lisez bien ! L'ombre de l'illustre maître me couvrirait d'anathèmes si j'écrivais :
Plume et épée!. Dans la mémoire de nos jeunes escrimeurs, Vigeant ne sera qu'un vieux monsieur, qu'on ne voyait guère, dans les assauts publics, que tournant ostensiblement le dos aux assauts d'épée. Ah! dès qu'une partie de fleuret commençait, il était tout enthousiasme!... Cette incompréhension de l'école moderne venue trop tard dans sa vie, ne doit pas marquer jusqu'à le défigurer, ce grand représentant de l'escrime française au XIXe siècle qui joignait au prestige d'être un tireur et professeur fameux, celui d'être aussi un lettré et un écrivain de talent — de réel talent — membre titulaire de la Société des Gens de Lettres.
Né à Metz, le 6 janvier 1844, Paul-Arsène Vigeant fit des études complètes au collège de Rennes et s'engagea à 18 ans. Fait prisonnier à Thionville, en 1870, il échappa aux sentinelles boches qui le gardaient, aussi aisément que, sur la planche, il échappait à une « prise de fer », et il revint combattre en France…
Il faut être âgé pour se rappeler ses assauts. J'ai l'impression qu'il fut un grand tireur et que le souvenir de sa dernière rencontre avec Mérignac aîné, où il eut le désavantage, est trop resté dans la mémoire de ses contemporains. On dit qu'il avait une parade-riposte foudroyante, une sûreté de main exceptionnelle, mais que son allonge ne fut jamais rapide ni étendue. Comme professeur — de fleuret, bien entendu ! — il ne fut jamais contesté. Il forma un nombre considérable de brillants élèves. Cela, surtout au collège Stanislas et à l'école de la rue des Postés, car il n'avait pas, depuis longtemps, de salle personnelle.
Il enseignait la méthode Jean-Louis, affirmait-il. Ses disciples avaient tous la main en pronation complète dans la parade de quarte et la retournaient en supination pour prendre cette sixte et ce contre de sixte qui constituaient l'important de leur défensive ; ils attaquaient avec grande retenue et étaient à craindre moins en ce qui concernait les attaques simples de vitesse et d'autorité que dans les complications de la phrase d'armes.
Le plus illustre fut Kirchhoffer, dont il est inutile de rappeler ici les prouesses, et qui devait entièrement à Vigeant ses belles qualités — créées et développées sur des moyens physiques médiocres. Une leçon donnée par le grand maître au célèbre gaucher, en la salle de celui-ci, toutes portes closes, était un admirable spectacle sportif et dont ceux qui l'ont contemplé garderont toujours le souvenir. Vigeant, qui haïssait le « jeu de terrain » faillit avoir un duel avec Mérignac aîné et en eut un avec Riie.
Lorsque, pour son assaut de retraite, Mérignac se rencontra en match avec Camille Prévost, le fameux professeur du Cercle de l'Union Artistique, il récusa Vigeant que Prévost avait choisi comme juré. D'où échange de témoins. Mais les directeurs ecclésiastiques du collège Stanislas et de
l'école de la rue des Postes avertirent Vigeant qu'ils n'admettaient l'escrime que comme sport et qu'ils ne pourraient continuer à lui confier leurs élèves s'il se battait en duel. L'intervention d'amis communs contribua à arranger cette affaire ; c'est avec Rue, le plus étonnant tireur d'allonge dont on se souvienne, que Vigeant devait se battre quelques années plus tard.
Pini était venu à Paris pour se mesurer, en assaut, avec Rüe. Il alla rendre visite à Kirchhoffer, à la salle Jean-Louis, place Saint-Michel, et demanda au terrible petit gaucher de tirer quelques minutes avec lui.
Au cours de ce rapide assaut de salle la lame de Kirchhoffer se brisa et le tronçon fit à Pini une blessure qui, sans être grave, l'empêcha de paraître contre Rüe en cette séance qui devait être sensationnelle.
Colère de Rüe qui, dans une lettre ouverte, reprocha à Vigeant d'avoir fait « entraîner » Pini contre lui par son élève gaucher Kirchhoffer et l'accusa d'avoir employé le même procédé contre Mérignac aîné lors de son assaut avec San Malato père.
Le reproche n'était pas sérieux ; les tireurs italiens ont toujours pu « parfaire leur condition » dans les salles parisiennes; et la réciproque n'a jamais cessé d'exister pour nos tireurs en Italie!...
Mais certains communiqués a la presse, très maladroits et qui semblaient faire de la blessure de Pini un titre de gloire pour Kirchhoffer, rendirent l'affaire inarrangeable.
La rencontre eut lieu au champ de courses de Saint-Ouen. Rue, gaucher, en pleine forme, semblait devoir dominer très aisément son adversaire qui, depuis de longues années, avait renoncé à l'assaut. Il n'en fut rien ; avec une vitesse et une mobilité de main merveilleuses, Vigeant parvint à gêner la formidable offensive de son adversaire, et faillit le toucher gravement à l'abdomen ; en parant, avec retard, un dégagement à la poitrine, il « se ramena » la pointe adverse au front, d'où une longue égratignure qui causa l'arrêt du combat.
Rue est mort pendant les premiers mois de la guerre. Il avait pris sa retraite depuis quelques années, laissant à son fils sa salle de la rue Saint-Marc. Les tireurs actuels ignorent ce qu'est une vraie allonge. Le « jeu de poule » a développé les attaques en courant et la demi-allonge, mais a supprimé, ou presque, ces attaques simples partant de l'immobilité, dont Rue était le grand maître. Ses coups droits, ses dégagés, étaient d'une sûreté et d'une vitesse inouïes.
Vigeant était beaucoup plus fier de ses livres que de ses assauts et de ses élèves. Il écrivait avec clarté et esprit, et sans rien, vraiment, qui « sentît l'amateur », des monographies de vieux maîtres de la Restauration et de l'Empire.
Ses meilleures pages content les aventures, réelles ou fabuleuses, de l'illustre Jean-Louis, par exemple les trente duels soutenus — dit-on ! — par celui-ci, sans arrêt, contre trente maîtres d'armes italiens ou espagnols. Légende peut-être, mais si bien narrée!...
Il devint sociétaire des Gens de Lettres le 19 novembre 1883 sur un rapport très élogieux de M. Edouard Grimblot. Ses parrains étaient M. F. du Boisgobeyet Albéric Second. Il reçut le ruban rouge en 1888 et cela autant comme écrivain que comme maître d'armes. Un grand banquet fut donné à cette occasion ; de fameux dramaturges, romanciers et poètes, y coudoyaient les meilleures lames de France. Ce fut le beau temps de Vigeant.
Il avait survécu à presque tous ses amis et adversaires du monde des armes et s'y sentait très seul. Il trouvait un refuge dans les Belles-Lettres qu'il avait toujours préférées aux plus beaux assauts. Il s'est éteint à Beausoleil, paisiblement, peu à peu.
J. JOSEPH-RENAUD.