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Title
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fr
Démocratisons l'Escrime
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Alternative Title
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en
Let's Democratize Fencing
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Description
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The author, Joe Bridge, laments the decline of fencing as a national sport in France, attributing its waning popularity to the rise of cycling, football, and boxing. Despite the setbacks, including the impact of war, he believes fencing remains the most quintessentially French sport, characterized by improvisation and intellectual engagement. Bridge argues that fencing's intellectual demands can be both a strength and a weakness, suggesting it could provide mental relief for manual laborers while being overly taxing for intellectuals. He calls for the democratization of fencing through evening classes to rejuvenate the sport and prepare young people for military service exams. Bridge emphasizes that fencing is not prohibitively expensive compared to other sports and could achieve popularity similar to rugby if embraced by a broader audience. He concludes that fencing will thrive if it becomes more inclusive, but it risks dying out if it remains elitist.
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Date
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January 20, 1920
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pages
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49
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Rights
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Public Domain
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content
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fr
DÉMOCRATISONS L'ESCRIME
Si j'étais seulement un escrimeur passionné au lieu d'être un sportif qui a tâté à tous les sports athlétiques, et qui les pratique encore, avec une âpre jouissance, il m'en coûterait peut-être de reconnaître que l'escrime a singulièrement démérité de son titre de Sport National x qu'on s'est plu longtemps à lui attribuer! La bicyclette, puis le football, puis la boxe, l'ont peu à peu détrônée de son piédestal. La guerre semble lui avoir porté un coup fatal, et dont elle ne se relèverait certainement pas si cette vieille coquette n'avait l'âme chevillée au corps ! Elle en a vu bien d'autres !... et nous étonnera avant qu'il soit pf.'U On peut dire, en tout cas, que l'escrime est notre sport le plus français, en ce sens qu'elle est le seul dans lequel l'improvisation, l'inspiration du moment. le caprice et la quintessence même de chaque tempérament jouent un rôle prépondérant ! L'exemple de cette dernière saison, hâtivement échafaudée. depuis l'armistice, prouve surabondamment que l'escrimeur le plus à court de préparation physique peut encore, par un miracle de volonté, tenir tête, et souvent avec succès, à des adversaires redoutables et entraînés.
Le noble sport des armes est à peu près le seul qui soit resté réservé à une élite purement intellectuelle dans la grande famille sportive... à cause, justement, des prodiges de raisonnement, de subtilité de psychologie, de ruse, de finesse et même quelquefois d'esprit que l'escrimeur doit dépenser pour diriger, par la pensée, sa pointe victorieuse.
Ces qualités propres, et bien particulières à l'escrime, qui sont sa force, sont sa faiblesse aussi car il est dommage, de les voir déployées par des hommes à qui l'exercice du sport devrait apporter un repos moral absolu, au lieu d'une fatigue nerveuse souvent considérable... Des sports purement brutaux sembleraient mieux convenir, le soir venu, au délassement d'un intellectuel... De fait, une heure d'aviron ou quatre rounds de boxe douchent délicieusement un cerveau que toute une journée de bureau a souvent porté à un paroxysme presque douloureux de surmenage, Dans l'ordre d'idées contraires, un ouvrier qui s'est courbé, tout un après-midi, sur le plus dur travail manuel, devrait trouver dans la pratique des armes le délassement idéal, puisque son cerveau y trouverait son compte, et ferait, lui aussi, dans le même temps que ses jambes et ses bras, une gymnastique échevelée !...
Rien ne s'oppose donc à ce que l'escrime soit largement démocratisée .. Ce n'est un secret pour personne que nos salles d'armes se meurent, faute de combattants !... N'hésitons pas à descendre un peu de notre Tour d'Ivoire, et faisons appel à la masse !... Des cours du soir, intelligemment conçus, devraient donner les meilleurs résultats... Leur utilité, pour des jeunes gens de toutes les classes, est incontestable désormais, puisque les examens de préparation au service militaire comprendront maintenant un brevet d'escrimeur classé... Ce brevet n'a pas été créé, que je sache, uniquement pour favoriser les candidats fortunés et désavantager leurs camarades moins heureux!... Qu'on ne dise pas, surtout, que l'escrime est un sport coûteux Comparez les prix modestes de nos admirables professeurs d'escrime qui, malgré l'effroyable difficulté de vivre, ont à peine augmenté le tarif de leurs leçons, comparez les prix de nos Salles d’armes avec les prix que vous demandent, actuellement, les Écoles de culture physique ou de boxe!..
La différence des unes aux autres paierait deux fois le prix du matériel d'escrime, et, cette seule question de dépense une fois réglée, rien ne s'opposerait plus à ce que les armes deviennent un sport qui, sans être strictement populaire, comme le football-association, par exemple, obtiendrait cependant la même popularité que le rugby, dont les finesses et les virtuosités ont réservé la pratique à une multitude intelligente, considérable tout de même!
N'en doutons pas !... L'escrime vivra, au rang des plus vivaces de nos sports athlétiques, si la masse l'accueille, la pratique et la soutient. Elle mourra, au contraire, lamentablement, si nous la gardons jalousement pour nous, et nous nous suiciderons stupidement si nous continuons à faire « bande à part » dans l'irrésistible mouvement de l'athlétisme au-dessus duquel nous planons avec une complaisance complète et terriblement dangereuse. — JOE BRIDGE.