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Title
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Antoine d'Ezpeleta
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier focuses on Antoine d'Ezpeleta, a distinguished fencer with aristocratic features and a reputation for his exceptional speed and elegance in fencing. The chapter delves into his Basque origins, noting that while his name suggests nobility, it actually refers to a type of plant, symbolizing the deep roots of his family. Ezpeleta, trained by the renowned fencing master Cordelois, is celebrated for his nearly unbeatable attacks and precise technique. Although he has retired from public dueling, his expertise in fencing and matters of honor is still widely respected. The chapter concludes by highlighting his wisdom, courtesy, and bravery, which earned him high esteem during the Franco-Prussian War.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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1
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page end
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6
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
ANTOINE D'EZPELETA
Tout le monde connaît la fine tête, aux traits aristocratiques, la barbe noire et soyeuse, taillée court, les yeux doux, tendres et rêveurs de cet homme à la mode. Ezpeleta ! Ne vous semble-t-il pas que ce nom résonne comme un cliquetis d'épées ? On dut être prêt à le prendre pour un synonyme du mot Espada.
Il n'en est rien, cependant.
Ezpeleta, en basque, veut dire, si je ne me trompe, buis ou lieu planté de buis.
Ainsi s'explique l'étonnante verdeur des membres de cette famille originaire du pays basque, et dont il est fait mention, à différentes reprises, dans de vieilles chroniques fort intéressantes que j'ai parcourues à la Bibliothèque nationale.
J'y ai relevé notamment un duel palpitant qui eut lieu aux environs de 1325, entre un seigneur Velche d'Ezpeleta et un autre seigneur Pero Lopez d'Amesqueta.
Cette rencontre fut fatale au premier nommé, qui fut désarçonné et tué par son ennemi.
Aujourd'hui le sort du combat serait différent, car le descendant de ces preux, le baron Antoine d'Ezpeleta, est une des premières lames de l'époque — j'oserai même dire la première.
Depuis pas mal d'années, ce gentleman est rentré sous sa tente et se refuse obstinément à tirer en public ou même devant un cercle d'amis. Il ne veut pas, m'a-t-on dit, faire comme Dupré, qui ne sut pas prendre sa retraite à temps. Il a peur de ne plus lancer l'ut de poitrine — je veux dire le coup droit ou dégagé — avec la même vigueur et la même pureté. M'est avis qu'il a tort et que sa modestie l'égare. Il serait encore aujourd'hui le roi des amateurs et il y aurait grand profit pour tout le monde à lui voir faire des armes.
Notez qu'il est dans la force de l'âge et qu'il n'a rien perdu de son agilité ni de sa rare puissance musculaire.
J'ai peu vu tirer, à la vérité, ce nouveau Saint-Georges, — du moins, ne l'ai-je pas vu se mesurer avec des adversaires de sa taille.
Cependant, ce peu m'a suffi pour deviner quel étonnant escrimeur il est.
Tous ses rivaux m'ont affirmé — ce que je crois sans peine — qu'il est impossible d'être à la fois plus élégant, plus souple, plus rapide.
Waskiewicz — un vrai connaisseur — l'a proclamé naguère le premier amateur de l'époque, attendu qu'il « est le seul qui puisse se vanter d'avoir rencontré avec avantage les meilleurs tireurs — professeurs et amateurs — de son temps ».
C'est un élève de Cordelois.
Dans la préface de son livre intitulé Leçons d'armes, l'éminent professeur a revendiqué fièrement pour lui la gloire d'avoir formé un tel élève, — gloire que M. Legouvé avait attribuée par erreur à Robert aîné.
Ezpeleta est surtout un attaqueur. La caractéristique de son jeu, c'est la grâce, l'à-propos et surtout la vitesse — une vitesse inimaginable.
Il a des coups droits et des dégagés-éclairs presque imparables.
Il attaque généralement de pied ferme et par coups simples, avec une détente de jarrets prodigieuse. Souvent, aussi, il attaque en marchant par des battements au changement d'engagement suivis de coupés si vertigineux qu'on a peine à le suivre.
Le tout exécuté avec une élégance et une harmonie incroyables.
Quand Ezpeleta lance un coup de bouton, me disait un de ses rivaux, il a l'air de vouloir fleurir la boutonnière de son adversaire d'un bouton... de rose, tant il le place, sur la poitrine du-dit, avec une gracieuse délicatesse.
Il y a un peu de cela, en vérité, dans sa manière coquette de manier le fleuret.
Ajoutez qu'il possède une main excellente, un doigté très agile qui lui permet de faire voler la pointe de son fleuret au bout de ses doigts, comme Paganini faisait de son archet magique.
Le « contre-de-quarte » n'a pas de secret pour lui ; quand il s'est fendu — sans toucher — ce qui lui arrive rarement, — il se relève en prenant cette parade et riposte souvent par un dégagé qui arrive comme une balle.
L'élève de Cordelois a longtemps fait des armes au cercle de l'Union artistique de la place Vendôme, où il faisait de fréquents assauts avec MM. de Lindemann, Saucède, de Borda, Hochon, Potocki, Charles Le Roy, etc.
Plus tard, il patronna un ancien prévôt de Robert aîné, Manniez, le prédécesseur de Gollin.
Aujourd'hui, il préside la salle d'armes de Mérignac aîné, transformée en cercle d'escrime.
Antoine d'Ezpeleta, qui a acquis, on le conçoit, une grande autorité dans le monde de l'escrime, est très consulté en matière d'affaires d'honneur. Son jugement droit et sûr, sa courtoisie extrême, sa grande expérience sont souvent mis à contribution. Inutile de dire que les intéressés se sont toujours bien trouvés de ses excellents conseils.
Le célèbre escrimeur est d'ailleurs un des hommes les plus doux, les plus sympathiques, les plus accueillants qui soient au monde.
Il a de la race et point de morgue. C'est un homme d'esprit dont on recherche la compagnie et un homme de cœur qui a fait montre pendant la guerre franco-prussienne d'une admirable bravoure qui lui a valu le ruban rouge.