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Title
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Féry d'Esclands
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier provides a detailed portrait of Féry d'Esclands, a skilled fencer known for his formidable presence and precision. Compared to a judge executing the law, Féry is described as tall, slender, and deceptively strong, with an unassuming appearance that belies his extraordinary physical power. Born in Île Bourbon, like the famous fencer Saint-Georges, he is celebrated for his expertise in defense and riposte, executing parries and counterattacks with remarkable speed and accuracy. His distinctive fencing style includes rapid, complex feints and a powerful stop-hit technique. Outside of fencing, Féry d'Esclands is an accomplished individual, holding titles such as lieutenant-colonel and conseiller-maître at the Cour des comptes, and he is actively involved in various sports and public service. He also played a significant role in the foundation of the Cercle des Eclaireurs and was honored with the Légion d'honneur for his bravery during the siege of Paris in 1870-71.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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11
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page end
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16
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
FÉRY D'ESCLANDS
Il ressemble à un juge sur son tribunal ; le fleuret dans sa main a l'air du glaive de la loi ; quand il vous touche, on dirait qu'il vous exécute.
Ce petit croquis, signé Ernest Legouvé, vaut un portrait en pied.
Féry est svelte et de taille au-dessus de la moyenne. On ne soupçonnerait jamais que la redingote qui enveloppe cette apparence physique ordinaire cache une musculature aussi extraordinairement puissante. C'est le propre des hommes vraiment forts de « n'avoir l'air de rien » dès qu'ils sont habillés. Voyez les plus étonnants gymnasiarques moulés dans leurs maillots faisant ressortir leurs formes superbes. Voyez-les encore dans leurs vêtements de ville étriqués, beaucoup ont l'air de gringalets : tel notre escrimeur. C'est un Hercule qui jongle avec des poids de cinquante kilos et fait des rétablissements que lui envierait un Léotard.
La tête respire l'énergie et la ténacité ; le visage est éclairé par des yeux à la fois doux et sombres, rêveurs et impérieux.
M. Féry d'Esclands est certes un des plus forts exécutants qui aient existé.
Il est le compatriote de Saint-Georges, étant né comme lui à l'île Bourbon.
C'est surtout un tireur de tempérament — à l'exemple du célèbre mulâtre — mais un tireur de tempérament qui possède beaucoup de jugement.
Les leçons des maîtres qui s'appelaient Bertrand et Robert aîné, unies à l'intelligence rare et à la volonté obstinée de l'élève, ont certainement contribué à développer beaucoup ses dons de nature — mais ces dons n'en existaient pas moins à un haut degré.
M. Féry d'Esclands a toujours été regardé comme le premier des « pareurs-riposteurs » de ce temps.
C'est justice. Il pare avec une vigueur, une précision et une autorité phénoménales.
Chacune de ses parades — me disait quelqu'un qui le connaît bien — est un tour de force, c'est parfois une parade de contraction, mais c'est merveilleux de vitesse et de virtuosité. Ajoutez que cette parade est toujours prise — rarissime mérite — de pied ferme. À l'imitation du roseau de la fable, Féry plie... sur ses jambes et ne rompt pas.
La riposte est digne de la parade, elle arrive directe et foudroyante en pleine poitrine avec une précision telle que « son fleuret semble avoir un œil en guise de bouton ».
Ce sportif a des jambes excellentes — de vrais ressorts d'acier — mais peu d'allonge, somme toute. Il attaque en marchant, rarement par des coups simples, mais plutôt par des séries de feintes que son incomparable doigté lui permet d'exécuter avec une finesse et une vitesse électriques.
Possédant bien la science des armes, il a du jugement, certes, sous le masque, mais il a davantage encore du coup d'œil — un coup d'œil extraordinaire qui est servi par une exécution de main supérieure.
Il n'a point de coups préférés, à proprement parler. Il se règle sur son adversaire qu'il attend le plus souvent de pied ferme.
Comme Mérignac, il pare et riposte dans toutes les lignes avec la même maestria. Tout au plus, un critique sévère pourrait-il lui reprocher un peu de nervosité et un léger retirement du bras.
Un des triomphes de Féry d'Esclands, c'est le temps d'arrêt. Au moment où le pied de l'adversaire se lève, le coup part comme une balle et vient clouer l'imprudent entre ciel et terre.
Il possède très bien aussi la difficile science des temps — il en a même écrit une monographie que je n'ai point lue et qu'on s'accorde à trouver un peu trop savante. Ce travail sera d'ailleurs prochainement complété par un autre beaucoup plus important. M. Féry se propose de fixer quelques points contestés en matière d'escrime et de duel. Cette étude du célèbre amateur ne peut manquer de piquer la curiosité de tous.
La caractéristique de M. Féry d'Esclands, c'est l'activité.
Il est lieutenant-colonel du 44ᵉ régiment territorial d'infanterie, conseiller-maître à la Cour des comptes, où son talent est très apprécié, président de la Société protectrice des animaux, dont il s'occupe avec beaucoup de zèle.
Notez qu'il trouve encore le temps, en dépit de ses occupations multiples, de pratiquer une foule de sports : la chasse, la boxe, les échecs, et enfin l'escrime, son exercice favori — cela va sans dire.
Il avait jadis grandement contribué à la fondation du Cercle des Eclaireurs, situé à l'angle du boulevard et de la rue de la Paix.
Bon nombre des membres de ce club avaient fait partie du bataillon de jeunes gens à la tête desquels s'était mis Féry d'Esclands, pendant le siège de Paris, en 1870-71, et qui était chargé, surtout, d'aller pousser des reconnaissances, pendant la nuit, jusqu'au milieu des lignes prussiennes : d'où leur nom « Eclaireurs ».
M. Féry d'Esclands, commandant de ce bataillon d'élite, fut décoré de la Légion d'honneur avec plusieurs de ses compagnons d'armes, pour les grands services qu'ils rendirent au gouvernement de Paris.
Ce Cercle des Eclaireurs qui fut, un moment, très brillant, avait naturellement une salle d'armes. Le professeur était Robert aîné, auquel on avait adjoint Camille Prévost, aujourd'hui directeur de la salle d'escrime du Cercle des Mirlitons.
Les plus fines lames de la salle étaient à cette époque : MM. Waskiewicz, Saucède, Brinquant, G. de Borda, prince Bibesco, de Vibraye, Ney d'Elchingen, et Charles Le Roy.
M. Féry d'Esclands pouvait donc croiser le fer avec des amateurs dignes de lui.
Ai-je dit que l'ancien commandant des Eclaireurs s'exprimait avec une rare facilité d'élocution et savait conter pour le plus grand plaisir de ses auditeurs ?
Dame ! Un conseiller-maître à la Cour des comptes doit savoir compter de toutes les façons.