Gaston Guignard

Item

Title
Gaston Guignard
Description
This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier introduces Gaston Guignard, a highly regarded amateur fencer known for frequently facing masters like Mérignac and Prévost in public bouts. Nicknamed "the bulwark of Bordeaux" by his friends, Guignard is recognized as one of the strongest students from the salle Mimiague. Though not the most stylish or flashy fencer, he excels in judgment, speed, and hand-eye coordination, making him a formidable opponent. His strengths lie in his defensive skills, particularly his adept use of the counter-parry, counter-de-quarte, which is difficult to deceive. Physically, Guignard is robust and powerfully built, yet he dedicates his free time to painting rather than physical combat, having earned recognition for his artwork. Additionally, he is a knowledgeable sportsman with a passion for horse racing, blending his artistic pursuits with his fencing expertise in a manner reminiscent of the great artist-fencers of history.
Creator
Adolphe Tavernier (Author)
Date
1886
page start
28
page end
30
Temporal Coverage
Relation
Internet Archive
Publisher
C. Marpon et E. Flammarion
University of Toronto
Internet Archive
Rights
Public Domain
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Spatial Coverage
content
fr GASTON GUIGNARD

Guignard est un des amateurs qui ont le plus souvent croisé le fer, en assaut public, avec Mérignac et Prévost.

Ce n'est point là un mince honneur pour un amateur, et cela prouve que celui que ses amis appellent, dans l'intimité, « le rempart de Bordeaux », n'est point un adversaire de petite valeur pour qu'on le mette ainsi en face de pareils maîtres.

M. Guignard est un des plus forts élèves de la salle Mimiague. Tout le monde le reconnaît. C'est de tous, certainement, celui qui opposera le plus de résistance à un maître de premier ordre ; ce n'est pas celui qui brillera le plus, ni qui touchera peut-être le plus souvent.

Il manque d'allonge et de cette netteté dans les parades et les attaques qui fait le tireur de style, mais il a infiniment de jugement, de vitesse, une main excellente et un coup d'œil qui lui permet de profiter du moindre écart dans le jeu de son adversaire.

Il attaque beaucoup en marchant et en s'emparant du fer par des engagements multiples et rapides, puis, dès qu'il aperçoit un « jour », il lance le coup droit ; il exécute assez souvent aussi l'une-deux dedans au changement et le battement dégagé dessus.

Mais son fort, somme toute, c'est la parade et particulièrement le contre-de-quarte qu'il roule avec une dextérité rare, un peu comme son rival M. de l'Angle-Beaumanoir. Par exemple, il lève davantage la main que ce dernier, ce qui fait qu'il n'est guère possible de le lui tromper que dans la ligne du dessous.

M. Guignard est de taille moyenne et bâti en Hercule Farnèse.

S'il voulait se donner la peine de « lutter » j'imagine qu'avec ses membres et son thorax puissants, il « tomberait » tous les « Arpins » de profession.

Mais il a bien d'autres occupations plus nobles en tête. Il occupe, en effet, ses loisirs de millionnaire à faire de la peinture et il travaille avec l'énergie d'un jeune artiste pauvre qui veut arriver à la fortune. Il arrivera sûrement à la réputation, car il a du talent. Les derniers tableaux qu'il a exposés au Palais de l'Industrie, et particulièrement sa grande toile militaire qui lui a valu une médaille, témoignent de grandes qualités et de réels progrès.

M. Guignard est, de plus, un sportsman très distingué, qui adore les courses de chevaux et qui vous analyse les « performances » d'un crack avec toute l'autorité d'un connaisseur.

Ces luttes hippiques ont, d'ailleurs, inspiré au peintre quelques petites toiles brossées avec cette virtuosité de touche qu'on retrouve dans l'escrimeur lorsqu'il prend sa parade favorite.

On a remarqué que nos peintres modernes cultivent très volontiers l'escrime : ce faisant, ces messieurs ne font que suivre les traditions des grands maîtres d'antan. Raphaël, Benvenuto Cellini, Velásquez, Salvator Rosa, Ribera et tant d'autres ne furent pas seulement d'admirables peintres : ils surent manier l'épée, je dirai presque avec autant de talent que le pinceau.