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Title
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Carolus Duran
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier focuses on Carolus Duran, a renowned painter who is equally celebrated for his skills in fencing. Known for his expressive features and vibrant presence, Duran, often referred to as the "French Velazquez," is as passionate about fencing as he is about painting. He served as the president of the École d'Escrime française and has developed a reputation in the fencing community that rivals his fame in the art world. Duran began fencing seriously under the tutelage of Vigeant, who helped refine his natural, albeit irregular, style into a more disciplined and strategic approach.
Duran is known for his defensive skills, with a preference for simple parries that set up precise and powerful ripostes. He is also adept at attacking with sequences like the one-two-three thrusts and disengagements, often executed with speed and finesse. His strong, yet flexible, hand and sharp judgment make him a formidable opponent. Beyond fencing, Duran is a multifaceted sportsman, skilled in horseback riding and music, and remains a respected figure for his ability to keenly observe and judge the nuances of fencing bouts. His dedication to both fencing and painting has earned him admiration in both fields, blending the precision of an artist with the strategic mind of a fencer.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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40
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page end
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46
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
CAROLUS DURAN
Inutile, je pense, de m'attarder à décrire le physique de ce maître peintre.
Tout le monde connaît cette tête expressive aux yeux noirs, striés d'or, ces longs cheveux bouclés quelque peu saupoudrés de neige, et cette barbe frisée séparée en deux pointes, le tout fleurant son Espagnol d'une lieue.
On sait, du reste, que le Velazquez français est né à Lille et qu'il est, de ce fait encore, au moins cousin germain de l'illustre Don Diego Rodriguez de Silva, puisque les Flandres appartinrent longtemps à la maison d'Espagne.
Mais c'est surtout de l'escrimeur que je veux m'occuper aujourd'hui, aussi laisse-je de côté le peintre quelque intéressant que puisse être le sujet.
Aussi bien, M. Carolus Duran a conquis dans le monde de l'escrime une notoriété presque égale à celle qu'il occupe dans le monde des arts, et je ne suis pas bien certain qu'il mette celle-ci au-dessus de celle-là.
Dame ! écoutez donc, les virtuoses du fleuret sont tout aussi rares que les virtuoses du pinceau — plus rares même — et l'exécution d'un beau coup de bouton cause aux adeptes de l'escrime une volupté comparable à celle qu'éprouvent les dilettantes à la vue d'un beau morceau de peinture crânement enlevé.
M. Carolus Duran a été président de l'École d'Escrime française de la rue Saint-Marc pendant deux ans. Il avait succédé, comme on sait, à l'infortuné général Ney, duc d'Elchingen, dont la mort mystérieuse et dramatique vint affliger un beau matin nos Parisiens stupéfaits.
Carolus se rend presque chaque soir à la salle d'armes des « Mirlitons » ; il s'escrime là pendant deux bonnes heures avec une énergie qui témoigne de la vigueur de ses muscles et de sa passion pour les armes.
L'éminent portraitiste a commencé à faire sérieusement des armes avec Vigeant vers 1873. Ce n'est pas à dire qu'il n'eût point manié le fleuret avant cette époque.
Seulement, il avait travaillé sans principes et s'était fait, grâce à l'énergie de son tempérament, un jeu très difficile, mais très irrégulier.
Il eut donc à oublier beaucoup et à apprendre davantage. Vigeant lui enseigna à régler sa fougue et à compter plus sur sa « tête » que sur sa main et sur ses jambes.
Grâce à ses dispositions naturelles et aussi à une force de volonté peu commune, Carolus devint en quelques années un vrai tireur.
Chaque matin, la première visite que recevait Carolus, c'était celle de Vigeant. Le grand atelier du passage Stanislas, tout inondé de clarté, avec ses étoffes multicolores aux nuances chatoyantes, avec ses chevalets, ses tableaux, ses esquisses, servait de cadre pittoresque à ces séances d'armes intimes.
Entre un coupé-dégagé et une riposte du tac, Carolus, tout ruisselant de sueur, se précipitait sur la toile en préparation pour corriger l'imperfection remarquée par réflexion dans la grande glace placée au centre de l'atelier.
Cela donnait même, parfois, lieu à d'amusants quiproquos.
Le portraitiste assermenté des Élégances cosmopolites travaillait alors à son tableau de la Femme au Gant.
Au cours d'une reprise, Vigeant dit à son élève :
— Vous avez oublié le « gant ».
— Comment, riposte Carolus en regardant la toile, vous avez donc la berlue... ne le voyez-vous point ?
— Pardon ! reprend Vigeant, je parle du gant d'armes que vous avez oublié de mettre.
Et Carolus de rire de sa méprise.
Depuis, le maître et l'élève se sont un peu brouillés, je crois. Seulement, je dois constater qu'en dépit de ce refroidissement dans leurs relations, le peintre de L'Enfant bleu n'a jamais cessé de faire l'éloge du talent de son professeur.
Cette impartialité dans la fâcherie n'est pas si commune qu'on pense.
Comme son maître, Carolus est un tireur de jugement, plus pareur qu'attaqueur.
La main est excellente : à la fois vigoureuse et moelleuse, elle a une prédilection particulière pour les parades simples.
N'est-ce pas le meilleur moyen de se ménager des ripostes à la fois brillantes et précises ?
Au fond, le contre, qui est la parade de l'incertitude, rend la riposte moins facile.
La parade simple est la parade des forts : un coup jugé est toujours paré par un simple, après quoi la riposte arrive foudroyante.
Néanmoins, je me garderai bien de condamner sans appel les contres, qui ont du bon et beaucoup de bon.
L'ancien président de l'École d'Escrime française, qui pare assez souvent par le contre-de-quarte, le sait bien, lui.
Par exemple, il a horreur de ces fausses parades de contraction dont certains tireurs agrémentent leur jeu et qu'il est si difficile d'éviter d'une façon absolue.
J'ai dit qu'il ripostait juste ; il sent surtout le fer en tierce et riposte bien dans cette ligne du tac-au-tac.
Voilà pour la main.
Les jambes ne sont pas inférieures au bras chez Carolus : par exemple, il ne s'en sert peut-être pas assez.
Il attaque en marchant par des une-deux et surtout des une-deux-trois dessus exécutés avec une vraie vitesse et avec un léger retirement de main.
En reprise d'attaque, il fait volontiers le dégagement en marchant.
Quand un corps-à-corps vient à se produire, il prodigue les coupés dessous ou dessus et il est bien rare qu'il ne parvienne pas à triompher, grâce à la rapidité et à la souplesse de son poignet.
En somme, Carolus est un de nos meilleurs amateurs, estimé comme extrêmement difficile par tout le monde.
L'escrime n'est pas le seul sport pratiqué par le maître-peintre : il monte bien à cheval, joue, à ma connaissance, du piano, de l'orgue et de la guitare, et possède une jolie voix qu'il manie avec goût.
On dit même qu'il fait, à ses moments perdus, de la peinture qui n'est pas complètement dépourvue de mérite.
J'ai oublié de dire que c'était un des trois ou quatre amateurs capables de suivre et de juger les phases d'un assaut, sans se tromper.
Cela tient à son coup d'œil d'abord et ensuite à l'étude approfondie qu'il a faite de la science, de concert avec Vigeant, dans tous les traités anciens et modernes parus jusqu'à ce jour.
Quelqu'un faisant un jour allusion à l'amour de notre peintre pour l'épée et à la force réelle qu'il a atteinte dans cette arme en résumait le tout dans l'à-peu-près suivant :
Ce n'est plus Carolus Duran qu'il faut l'appeler, mais Carolus Duran... dal.