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Title
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Capitaine Dérué
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier profiles Capitaine Dérué, an exemplary officer who is deeply passionate about both his military career and the art of fencing. Described as an ideal officer, Dérué is a strong advocate for integrating fencing into the training of French soldiers, believing it provides essential physical conditioning and discipline. Tall, with a commanding presence and a military demeanor, Dérué is known for his tireless energy and dedication to fencing. He frequently practices at the salle Mimiague and the Élysée, where he impresses with his stamina and relentless attacking style.
Although his defensive skills are solid, Dérué excels in offensive techniques, particularly rapid sequences of feints and thrusts that overwhelm his opponents. He is also recognized for his contributions to the École d'escrime de Joinville-le-Pont, where he played a significant role in implementing reforms that elevated the status of fencing instructors within the military. Additionally, he has written influential works on cavalry fencing, advocating for the use of thrusts over slashing techniques in combat. Capitaine Dérué's dedication to fencing has earned him a respected place in the military, where his efforts have significantly impacted the development of fencing as a critical military skill.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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47
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page end
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52
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
CAPITAINE DÉRUÉ
Voilà un officier comme il en faudrait beaucoup à notre armée — je ne crains pas de le dire. Le capitaine Dérué — ou le commandant Dérué, comme disent beaucoup de gens légitimement désireux de voir le quatrième galon d'or orner la manche du sympathique officier — est très épris de son métier, et c'est pour cette raison qu'il raffole de l'escrime.
Il estime, avec beaucoup d'excellents esprits, comme le général Campenon notamment, que cet exercice ne doit pas être ignoré de nos officiers. L'escrime procure, en effet, à ceux qui s'y adonnent sérieusement, outre de jouissances très réelles, un « entraînement » capable de leur faire trouver légères les dures fatigues du métier militaire.
À ce point de vue, cet exercice doit donc faire partie intégrante de l'éducation de nos soldats.
J'ajouterai qu'il est indigne d'un officier français de ne savoir point se servir d'une épée, l'arme nationale par excellence.
Et cependant, sur les cinquante officiers qui composent un régiment, il y en a tout juste trois ou quatre qui fréquentent la salle d'armes. Les autres ignorent le maniement du fleuret et sont incapables de distinguer un contre-de-quarte d'un contre-de-sixte.
Comme l'a dit le poète :
Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.
Le capitaine Dérué forme avec quelques officiers d'élite, le lieutenant Roux notamment, une heureuse exception, dans notre armée, à cette règle désolante, et je tiens à l'en féliciter avec l'espoir que son exemple trouvera bientôt de nombreux imitateurs. La pratique de l'escrime n'empêche point de « potasser » la théorie, l'histoire, la géographie, la topographie, les mathématiques et tout ce qui constitue le bagage intellectuel d'un officier intelligent. Bien au contraire, le culte du fleuret constitue un dérivatif salutaire à toutes ces occupations et, en tous cas, comme disait le grand Dumas à propos des jeunes gens qui vont entendre broyer à l'Odéon des alexandrins plus ou moins amusants : « Cela vaut mieux que d'aller au café. »
Le capitaine Dérué a quarante-cinq ans environ.
Grand, blond — d'un blond tirant sur le gris argenté —, le teint coloré, il a bien l'aspect d'un officier de cavalerie avec sa large carrure d'épaules, sa moustache militaire et ses jambes solidement musclées, habituées à enserrer le puissant cheval d'armes.
Ce cavalier accompli, longtemps capitaine au 4ᵉ régiment de dragons, en garnison à Joigny, où son escadron passait pour être un modèle de tenue et de discipline, est aujourd'hui rendu à l'École d'escrime de Joinville-le-Pont qu'il n'aurait jamais dû quitter.
Dès que notre officier a quelques heures à lui, c'est pour venir faire des armes soit à la salle Mimiague — son quartier général à Paris — soit à l'Élysée, où l'on est à peu près sûr de le voir fournir tous les dimanches cinq ou six assauts consécutifs.
Cet escrimeur semble être en acier, et le mot « fatigue » n'existe pas pour lui.
Infatigable il est, en effet, et il tiendrait la « planche » deux heures durant, si ses adversaires surmenés, moulus et harassés par ses attaques multiples, ne demandaient grâce.
Le capitaine Dérué a toujours passé pour un adversaire extrêmement « difficile », même à l'égard de nos premiers fleurets.
Il plie peu sur les jambes, affectionne la garde quelque peu couchée et exécute, le bras tendu, une multitude de petites feintes rapides, en rapprochant graduellement la pointe du corps de l'adversaire.
Il profite alors de l'ébranlement causé par ces menaces subites et innombrables pour loger son coup de bouton. Les une-deux, les une-deux-trois et les une-deux-trois-quatre se succèdent alors avec une rapidité déconcertante.
Le pareur, chez le capitaine Dérué, est quelque peu inférieur, à mon sens, à l'attaqueur, lequel est de premier ordre.
Pourtant, il pare très bien par la septime en se relevant et prend bien les parades simples, ce qui lui vaut de franches ripostes.
Un critique sévère pourrait peut-être lui reprocher de ne point déployer toute son « allonge ». Mais cette imperfection est rachetée par la finesse de son doigté, son extrême agilité et la justesse de son coup d'œil.
Le capitaine Dérué avait déjà appartenu pendant plusieurs années à l'École d'escrime de Joinville-le-Pont. De l'aveu de tous, il y a rendu de signalés services.
Il a lutté avec une grande énergie contre la routine administrative, pour faire prévaloir nombre de réformes heureuses.
C'est grâce à sa ténacité que fut appliqué, en 1878, le projet Waltons-La-Pervenchère, qui relevait dans l'armée le prestige des maîtres d'armes.
Il collabora également avec les quatre professeurs de l'École normale de Joinville à une Instruction sur l'Escrime, remarquable à bien des points de vue. Il vient, de plus, de publier une étude, qui manquait, sur l'Escrime à cheval dans l'armée française. Le capitaine veut, avec raison, remplacer les coups de tranchant et les moulinets par les coups de pointe. Nul doute que sa méthode ne soit bientôt appliquée à tous les régiments de cavalerie française.
En somme, c'est un excellent officier qui a su, tout en s'acquittant avec dévouement de ses devoirs militaires, se créer une place à part dans l'armée, grâce au culte qu'il a toujours professé pour l'escrime. Les maîtres d'armes militaires lui doivent beaucoup, et ils lui devraient davantage encore si ses projets n'avaient été contrecarrés par ces terribles « bureaux » que l'Europe, plus clairvoyante, commence à nous envier un peu moins.