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Title
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Olivier Conrad
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier focuses on Olivier Conrad, a relatively new but rapidly advancing fencer who has reached a high level of skill in just seven years. Trained by the dedicated master Ruzé, Conrad committed to rigorous practice, mastering his technique before participating in public bouts. He is known for his elegant and balanced style, with particularly strong defensive skills, marked by precise and rapid parries. Although his attacks may lack variety and spontaneity, his overall technique is steadily improving. Conrad is a member of both the salle Ruzé and the Cercle des Mirlitons, where he continues to refine his abilities under the guidance of Professor Prévost. While he has not yet reached the top ranks of Parisian fencers, his dedication and rapid progress suggest he is well on his way to becoming one of the city's elite.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Date
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1886
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page start
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53
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page end
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57
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
OLIVIER CONRAD
Après avoir portraituré des vétérans comme Waskiewicz, A. d'Ezpeleta, de Borda — de jeunes vétérans, il faut bien l'avouer — il m'est agréable d'accrocher dans cette galerie le médaillon inédit d'un « nouveau ».
Olivier Conrad, qui doit avoir trente-cinq ans, est essentiellement un « jeune » en escrime.
En dépit de la réelle force en armes à laquelle il est parvenu, il n'a guère que sept années de salle. Je sais que je vais faire voltiger sur bien des lèvres des sourires incrédules en révélant cette particularité, mais peu me chaut! Il ne m'est point permis — histoire de faire plaisir aux impuissants qui font des armes depuis vingt-cinq ans sans succès — de dénaturer la vérité.
Un maître auquel j'apprenais un jour ce détail, après un assaut de Conrad chez Mimiague, bondit comme sous le coup d'un outrage et me dit avec l'accent d'une incrédulité indignée :
— Allons donc ! ce serait à briser, séance tenante, ses fleurets pour n'y plus jamais toucher!
J'avoue humblement n'avoir pas compris un traître mot à cette sortie.
Bien au contraire, je trouve qu'il est très consolant pour tous ceux qui s'occupent d'escrime de savoir qu'avec des dispositions sérieuses et une assiduité absolue, il est possible d'arriver en quelques années à une force classée.
C'est le cas du courtois escrimeur dont je m'occupe aujourd'hui, et j'expliquerai tout à l'heure en détail le pourquoi des progrès étonnants faits par lui en un espace de temps relativement aussi court.
C'est l'excellent maître Ruzé qui, le premier, a mis le fleuret en main à Conrad, vers 1878.
Il faut avouer que jamais terrain ne fut mieux préparé que celui-ci pour recevoir la semence bienfaisante donnée sous forme de leçons d'armes par le consciencieux professeur de la rue de la Bienfaisance.
L'élève et le professeur luttaient de bon vouloir, de conscience.
Conrad eut, de plus, le rare courage de ne point faire assaut avant de savoir très bien plastronner, c'est-à-dire avant deux années de leçons quotidiennes qui ne duraient pas moins d'une heure et demie, leçons à peine entrecoupées de repos n'excédant pas cinq minutes.
Aussi, Conrad est-il, avec A. d'Ezpeleta et Vavasseur, l'homme de France qui plastronne le mieux.
Ajoutez à cela qu'il a des dispositions physiques et morales — si je puis dire — non pareilles.
Et d'abord, il adore l'escrime qu'il cultive avec une assiduité et une passion raisonnée que je n'ai rencontrées chez personne à ce degré. Ensuite, il est construit pour atteindre le maximum de la force possible dans cet art. De taille un peu au-dessus de la moyenne, il est mince, agile et musclé à point. Les bras et les jambes sont des ressorts à la fois souples et puissants, tandis que le thorax va s'élargissant sur une taille extra-fine.
Conrad a, sous les armes, une tenue d'une élégance surprenante. Il y a dans sa pose, dans tous ses mouvements, une grâce, une harmonie, un équilibre, de plus en plus rares aujourd'hui chez nos amateurs.
Ce n'est pas l'amateur le plus fort de Paris, c'en est sûrement le plus élégant.
Il pare d'une façon merveilleuse, avec sûreté, précision et rapidité.
Bien malin qui arrive à passer à travers les mailles serrées de ses parades multiples : contre-de-sixte-quarte, contre-de-quarte-sixte.
Sa parade favorite est le contre-de-sixte qu'il fait suivre souvent d'une belle riposte en main de tierce.
Je ne trouve pas que chez Conrad l'attaqueur soit à la hauteur du pareur. Il me semble qu'il manque quelquefois d'à-propos et de variété dans ses attaques, qui sont toujours cependant remarquables au point de vue de l'équilibre.
Il est encore un peu vert au point de vue du jugement en escrime. Il connaît bien les armes, mais il manque peut-être un peu de spontanéité dans la conception.
Ce n'est point un improvisateur.
Si je signale ces imperfections qui vont disparaissant chaque jour, c'est, d'abord, que je me suis promis d'être sincère et qu'ensuite je suis sûr qu'avec quelques années de travail, ce tireur que je vois parfait finira par le devenir.
Tel qu'il est, c'est un des amateurs les plus intéressants que nous connaissions et dont la place est retenue, à bref délai, parmi les trois plus forts tireurs de Paris.
Le père Ruzé est très fier de son élève et avec raison. Waskiewicz disait un jour devant nous : « Quand on a fait un pareil élève, on a prouvé, de façon évidente, qu'on est un habile professeur. »
J'aurais mauvaise grâce à n'être point de cet avis.
Olivier Conrad, qui continue à appartenir à la salle Ruzé, s'est fait recevoir en 1882 membre du Cercle des Mirlitons. Il y travaille beaucoup avec le professeur Prévost, qui a développé encore ses qualités acquises et modifié son jeu sur plusieurs points.
Conrad croise souvent le fer avec le maître de céans ainsi qu'avec les amateurs connus de ce club. MM. le comte de Lindemann et Alfonso de Aldama sont ses partenaires favoris.