André Reille

Item

Title
André Reille
Description
This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier focuses on André Reille, a young and talented fencer who stands out among Parisian swordsmen. Described as slim and agile, with a slight stoop and a keen gaze despite his extreme myopia, Reille is a classical left-handed fencer trained by Ruzé since 1877. His fencing style is both strategic and precise, with a perfect blend of attack, defense, and riposte. While his posture and reach could improve, likely affected by his vision, his hand is exceptionally skilled, allowing him to execute complex maneuvers with finesse. Reille's favorite moves include energetic double-battements followed by a variety of attacks, particularly the feint of the coup droit dégagé. He favors parries in septime and seconde, with effective ripostes, especially in low lines. Beyond fencing, Reille is an accomplished sportsman involved in hunting, horseback riding, and boating, and he is also known for his passionate oratory. A dedicated traditionalist, he is a prominent member of the fencing and sporting community.
Creator
Adolphe Tavernier (Author)
Date
1886
page start
67
page end
69
Temporal Coverage
Relation
Internet Archive
Publisher
C. Marpon et E. Flammarion
University of Toronto
Internet Archive
Rights
Public Domain
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Spatial Coverage
content
fr ANDRÉ REILLE

Brun, de taille moyenne, mince et souple comme un fleuret, un peu affaissé, avec un binocle posé sur un nez busqué, des yeux vifs et pénétrants malgré une myopie extrême, telle est, en style télégraphique, la silhouette de ce jeune tireur de vingt-huit ans dont la place est retenue au premier rang de nos escrimeurs parisiens.

André Reille est le fils du baron Reille, un député aussi aimable que réactionnaire et aussi réactionnaire que laborieux et estimé. J'imagine que, de son côté, le jeune André n'aime tant l'escrime que parce que cet exercice lui permet de faire ensuite de la réaction à outrance.

Quoi qu'il en soit, l'élève de Ruzé— il a commencé les armes chez cet habile démonstrateur à la fin de 1877— est un tireur classique, gaucher, par surcroît, et dont on a pu apprécier les qualités dans les assauts où il a consenti à paraître en public.

À la fois attaqueur, pareur, et riposteur, c'est un exécutant complet auquel on peut seulement reprocher quelques défauts de tenue. Ainsi, dans la garde, la tête et le corps se penchent trop en avant; il est vrai que la vue défectueuse du tireur, incomplètement corrigée par des verres de lunette d'approche, y est pour quelque chose. D'autre part, les jambes ne s'allongent point suffisamment dans l'attaque, ce qui oblige l'élève de Ruzé à marcher fréquemment au risque de se faire arrêter.

Cette petite part faite à la critique, il n'y a plus qu'à louer largement pour être impartial envers ce tireur de beaucoup de jugement.

La «main» est parfaite; vigoureuse, souple et rapide, elle exécute les coups «pensés» par la tête avec une finesse de doigté et une précision rares.

Ces qualités permettent à Reille de tromper le fer, tout comme un vieux routier d'escrime.

Il fait généralement précéder ses attaques d'énergiques doubles-battements pour ébranler l'adversaire: après quoi il attaque par des coups droits, des dégagés, des une-deux, une-deux-trois, et surtout par la feinte du coup droit dégagé dedans qu'il exécute avec une habileté déconcertante.

Ses parades favorites sont la septime et la seconde; quant à ses ripostes, elles sont, principalement dans la ligne basse, excellentes; son jeu rappelle alors beaucoup celui de M. Brinquant. Le jeune Reille ne lâche pas la phrase d'armes, il prodigue les contre-ripostes jusqu'à ce qu'un résultat se soit produit: généralement dans ces prises d'armes, la lutte se termine par un coup de bouton à son actif.

André Reille est un sportsman convaincu qui pratique avec un égal succès tous les exercices virils: l'escrime, la chasse, l'équitation, le canotage et... l'art oratoire, qui est une gymnastique comme une autre où les clowns et les équilibristes ne manquent point.

Il va sans dire que je ne dis pas cela pour lui qui est immuablement fidèle à son opinion et qui fait seulement partie de la conférence «Mole» qu'il révolutionne parfois, me suis-je laissé conter, par ses interruptions radicalement réactionnaires.