Des Haulles

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Title
Des Haulles
Description
This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier profiles Des Haulles, a modest and skilled fencer who has quietly made a significant impact within the fencing community. Recently appointed president of the École d'escrime after Carolus Duran's resignation, Des Haulles has dedicated over forty years to the art of fencing, beginning his training around 1840 at Robert's salle d'armes in the Latin Quarter. Despite his proficiency, Des Haulles prefers a life of quietude, keeping his renown largely within the confines of the fencing world. Known for his powerful build and surprising agility, he combines a methodical and strategic approach with bursts of unexpected aggression. His deep knowledge of fencing and his ability to outmaneuver opponents make him a formidable adversary. Des Haulles is respected not only for his fencing skills but also for his integrity and straightforward character, earning him widespread admiration among his peers.
Creator
Adolphe Tavernier (Author)
Contributor
G. Genilloud
Date
1886
page start
78
page end
80
Temporal Coverage
Relation
Internet Archive
Publisher
C. Marpon et E. Flammarion
University of Toronto
Internet Archive
Rights
Public Domain
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Spatial Coverage
content
fr DES HAULLES

Des Haulles, qui a été nommé président de l'École d'escrime lorsque M. Carolus Duran a donné sa démission, est un peu comme les peuples heureux : il n'a pas d'histoire. Fuyant le monde et la pleine lumière, il est passionnément épris de quiétude et de pénombre.

C'est un homme sympathique, modeste, et laborieux. Cet amour de l'effacement explique bien qu'en dépit de sa réelle force en escrime, la renommée de M. des Haulles n'ait guère franchi les limites étroites du monde de l'escrime.

Voilà pourtant quarante années que le président de l'École de la rue Saint-Marc cultive avec un véritable amour le fleuret.

Il a commencé, ce me semble, vers 1840, dans la salle d'armes que Robert possédait en plein quartier latin, rue de l'École-de-Médecine.

Depuis, il n'a guère fait d'infidélité à l'escrime qu'en faveur de la mer, son autre passion. Il passe, en effet, pour aimer beaucoup le yachting et il pourrait chanter comme le Marquis, dans les Cloches de Corneville :

"J'ai fait trois fois le tour du monde,
Et les dangers font mon bonheur."

M. des Haulles est de taille moyenne et de stature puissante. Il a certainement doublé le cap de la soixantaine; mais la pratique de l'escrime et des exercices du corps lui ont conservé, en dépit des ans et d'un aimable embonpoint, une agilité surprenante.

Le nez est busqué, le front haut et large, et la barbe, qu'il porte entière, est grise. Il est chauve et myope à rendre des points à F. Sarcey et à prendre Lina Munte pour un fleuret... qui a maigri.

Cette myopie ne l'empêche pas de tirer avec un rare à-propos et de profiter du moindre jour que lui laisse son adversaire. Immense habitude d'un habile tireur!

Le plus souvent, il attend son adversaire, planté sur deux vigoureux jarrets qui lui donnent la solidité du roc pour se ménager de vigoureuses ripostes du tac-au-tac.

Parfois, au moment où son partenaire s'y attend le moins, il bondit sur lui avec une furia curieuse et ne se remet en garde que lorsque l'entretien s'est terminé par un coup de bouton.

Toutes les lignes lui sont familières et il trompe le fer avec beaucoup de dextérité.

C'est, avant tout, un tireur de tête, fort habile à tendre des pièges à ses adversaires et qui s'est toujours bien défendu, même contre les premiers tireurs de ce temps.

M. des Haulles est un des rares escrimeurs qui n'ait point d'ennemis : la loyauté de son caractère, sa franchise parfois un peu brutale, et sa science profonde de l'escrime sont unanimement appréciées.