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Title
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Collin
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier profiles Collin, a distinguished fencing master known for his modesty, expertise, and dedication to the art of fencing. Despite being over fifty, Collin's youthful appearance and exceptional skill have made him a respected figure in the fencing community. He served in the military with distinction, including during the Italian campaign, before dedicating himself fully to fencing under the tutelage of Mimiague. Collin's fencing style is characterized by his swift judgment, powerful legs, and precise ripostes, making him a formidable opponent. His teaching career has produced numerous skilled fencers, including many first masters and accomplished amateurs. Collin also directs fencing sessions at the Élysée Palace and teaches at the lycée Janson de Sailly, where his salle d'armes on rue de Penthièvre is frequented by notable fencers such as Daniel Wilson, Léon Renault, and Léon Grévy, among others.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Date
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1886
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page start
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123
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page end
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127
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
COLLIN
Grand, blond, svelte, le type de l'officier en civil avec le ruban rouge à la boutonnière, tel est l'aspect physique de Collin.
On ne lui donnerait guère plus de quarante ans, bien que ses états de service lui en assurent dix de plus.
Collin est l'un de nos maîtres d'armes les plus sympathiques, les plus modestes et les plus instruits.
Il s'exprime avec une bonhomie non exempte de finesse. Point médisant, très indulgent pour tous, et particulièrement pour ses collègues, il ne ménage pas les éloges à ceux qui possèdent un réel mérite.
Parlez-lui, par exemple, de Mimiague, son maître, ou de Ruzé père, et vous verrez tout de suite que ce n'est ni un envieux ni un détracteur.
Collin ne s'est pas ménagé au service de son pays. Marin pendant six ans, puis soldat au 90e de ligne, il passe comme caporal au 3e bataillon des grenadiers de la garde, lors de la formation de ce régiment en 1856, pour s'être distingué dans un incendie, étant de passage à Varennes, à quelques kilomètres de Montereau. Il fit la campagne d'Italie comme sergent des grenadiers de la garde et fut du nombre de ces braves qui soutinrent si vaillamment à Magenta l'honneur de la France.
Collin s'est instruit au régiment. Il aurait pu arriver à l'épaulette, comme son plus jeune frère, capitaine en retraite, mais un penchant irrésistible le poussait vers la salle d'armes. Il entre à la garde de Paris après la campagne d'Italie, et compte bientôt parmi les plus forts prévôts. En 1870, le soldat se réveille en lui, et il s'enrôle parmi les volontaires du bataillon de la garde. Maréchal des logis et médaillé en 1871, il devient maître d'armes de la garde républicaine, passe adjudant lors de la création de cet emploi pour les plus forts maîtres de régiments et est presque aussitôt décoré de la Légion d'honneur. Il prend sa retraite après trente et un ans de service, sept campagnes, et une citation à l'ordre du régiment.
Je n'ai pu résister au désir d'esquisser rapidement les états de service d'un aussi bon serviteur du pays, alors que je ne devrais parler que du tireur perfectionné par Mimiague, pour lequel il a la plus vive reconnaissance, car c'est à ce maître qu'il doit le fini et la correction qu'il a ajoutés à sa science. Collin possède une main d'une souplesse rare et des jarrets d'acier. Il attaque de loin et pare de pied ferme sans jamais rompre. Quoique ce jeu lui assure une belle riposte du tac-au-tac, il préfère riposter au moment où son adversaire se relève, et l'on voit alors son fleuret gagner progressivement jusqu'à la poitrine, en trompant le fer de l'adversaire.
Collin est essentiellement un tireur de tête, dont le jugement très prompt ne se laisse jamais prendre en défaut.
Excellent démonstrateur, il n'admet pas qu'on professe l'escrime sans l'expliquer. Il cherche les questions les plus difficiles pour pouvoir les résoudre, aussi suis-je étonné qu'il n'ait pas encore fait un traité d'escrime simple comme sa méthode. Ce talent de démonstrateur, qu'il possède si bien, lui a permis de former, outre une dizaine de bons premiers maîtres de régiment, Large, l'excellent prévôt de Mimiague, et Ayat, un maître gaucher dont la salle est très fréquentée.
Tous ses disciples ont d'ailleurs gardé pour lui la reconnaissance qu'il a vouée lui-même à Mimiague.
Le dernier assaut que Collin a fourni au Cirque d'été, contre Destrée, nous fait désirer de le voir plus souvent en assaut public, où son rare jugement et sa science profonde de l'escrime lui assureront toujours de solides succès.
Ajoutons que c'est Collin qui a été judicieusement choisi par M. Wilson pour diriger les séances d'escrime qui ont lieu deux fois par semaine dans la serre de l'Élysée, convertie pour la circonstance en une superbe salle d'armes.
Le Président de la République daigne, de temps à autre, honorer de sa présence ces assauts qui sont fort suivis et où bon nombre de personnalités viennent se reposer des tracas de la politique.
Collin, qui est de plus professeur au lycée Janson de Sailly, possède, rue de Penthièvre, une salle d'armes fréquentée par des amateurs choisis.
Citons parmi les meilleurs tireurs : MM. Daniel Wilson, un gaucher correct parant et ripostant fort bien ; Léon Renault, un tireur très élégant et très vigoureux sur lequel on est heureux de faire assaut ; L. Andrieux, prince A. de Chimay, deux exécutants pleins de brio ; Léon Grévy, un amateur bien doué, plastronnant avec beaucoup de méthode ; Sanguinetti, un attaqueur plein de rapidité, trompant le fer supérieurement ; puis MM. Auguste Dreyfus, A. Violet, Siegfried, trois tireurs doués d'un poignet vigoureux. Ajoutons que les jeunes fils de M. Dreyfus promettent de faire, sous l'habile direction de Collin, d'excellents escrimeurs. Citons encore parmi les bons élèves de Collin : MM. Raymond Seillière, le docteur Simon Duplay, baron de Mecklembourg, comte d'Avaray, vicomte M. de Castex, comte de Maulde, Prince Rosetti, Balanesco, Cunin-Gridaine, duc de Lesparre, comte de Maugny, docteur Guerrier, Aubin, Burin des Roziers, Fouquiau, Roland Gosselin, Bamberger, de Lessen, Ricquier, d'Aubusson de Soubrebost, etc.