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Title
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Georges Robert
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier describes Georges Robert, a 31-year-old fencing master known for his skill and promise in the world of fencing. Tall and well-built, Georges is the son of the renowned Robert aîné, who introduced him to fencing at an early age. After completing his education, Georges briefly pursued a military career but left it to follow in his father's footsteps as a fencing master. He became a professor at the École d'escrime française and later opened his own salle d'armes. Georges is recognized for his dynamic and precise fencing style, characterized by impetuous attacks and deft parries. Although he is still refining his technique, Georges is well on his way to becoming one of the top fencing masters of his generation.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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187
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page end
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192
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
GEORGES ROBERT
Georges Robert a trente et un ans. Il est grand, bien bâti, avec une physionomie expressive et intelligente. Tout le monde sait qu'il est le fils de Robert aîné, foudroyé, comme son frère Désiré, en pleine maturité et en plein talent.
Robert aîné, tout en rêvant pour son fils de brillantes destinées, eut la prévoyante sagesse de lui inculquer, dès l'enfance, le goût des armes. À huit ou neuf ans, il lui mit le fleuret à la main, dans cette petite salle du passage des Panoramas, devenue depuis l'atelier du peintre Julian, et que doivent se rappeler certains vétérans du fleuret tels que MM. Legouvé, Féry d'Esclands, des Haulles.
Le jeune Georges fit ses études à l'institution Favart, où il suivait les cours du lycée Charlemagne. Bachelier ès lettres à dix-sept ans, il fut admissible à Saint-Cyr, en 1874. Comme il n'avait pas une vocation irrésistible pour la carrière militaire, il se borna à faire son volontariat en 1875 avec l'intention de s'adonner ensuite à la littérature — vocation que ses succès scolaires n'avaient fait qu'accroître.
Son entrée au régiment à Abbeville (3ᵉ chasseurs à cheval) fut marquée par un incident assez amusant.
Il avait eu à la salle d'armes une discussion assez vive avec un prévôt, à propos de je ne sais quel futile motif.
Un volontaire présent à la querelle conseilla, en plaisantant, au prévôt de se méfier, attendu qu'il serait peut-être peu prudent d'avoir une affaire avec le fils du célèbre Robert.
— Qui ça, Robert ? fit l'ignare soldat.
— Je vous l'apprendrai prochainement, riposta le jeune Georges.
Quelques jours après, le même prévôt faisait un assaut avec son ennemi devant une nombreuse galerie, et le fils de Robert avait la satisfaction de lui casser sur la poitrine douze lames de fleurets.
Le maître d'armes du régiment, bien connu pour son avarice, était si heureux et si fier de ce résultat, qu'il apportait lui-même au jeune homme des lames toutes neuves et non resoudées — contrairement aux us et coutumes — en l'encourageant à continuer ce massacre de fleurets.
À partir de ce jour, le prévôt ne manqua pas de se faire raconter chaque jour les exploits de Robert aîné.
Georges Robert fut brusquement arraché à son volontariat, au bout de quatre mois, par la nouvelle si inattendue de la mort de son père (18 mars 1876).
C'est alors que MM. le général Ney, Legouvé, Féry d'Esclands, Saucède eurent la généreuse pensée de fonder pour lui et sa famille l'École d'escrime française dont il fut nommé professeur.
Il tira pour la première fois en public, à l'assaut donné au bénéfice de ses frères, au cercle de l'Union artistique, où il eut pour adversaire Hyacinthe. Il s'acquitta de sa tâche aux applaudissements de toute l'assistance et répondit ainsi à la confiance de M. Legouvé qui, dans une allocution prononcée au début de l'assaut, l'avait présenté au monde de l'escrime.
L'École d'escrime prit bientôt un grand développement et dut s'adjoindre, en outre du jeune professeur, MM. Jacob, Mérignac et Prévost.
Un peu plus tard, G. Robert obtint de ne plus venir que trois fois par semaine professer à l'École de la rue Saint-Marc, ce qui lui permit d'ouvrir une salle d'armes rue du Helder, 14, en compagnie de son oncle Désiré Robert.
La nouvelle salle fut inaugurée le 4 juin 1880, sous la présidence du général Ney, duc d'Elchingen.
Bientôt l'École d'escrime, préférant n'avoir que des professeurs entièrement libres, dut renoncer au concours de Georges Robert et de Mérignac, qui, lui aussi, avait imité l'exemple de son jeune camarade, et s'était établi de son côté.
À l'occasion de la transformation de la salle d'armes en cercle d'escrime (janvier 1881), Robert donna un magnifique assaut auquel prirent part les meilleurs fleurets de Paris.
Cette séance d'escrime fut suivie de beaucoup d'autres tout aussi intéressantes qui mirent en relief l'activité et aussi le talent du jeune maître, dont chaque assaut marqua un réel progrès.
Georges Robert est à la fois attaquant, pareur, et riposteur.
Il attaque souvent avec beaucoup d'impétuosité en marchant, faisant précéder ses attaques de battements, doubles battements, et de croisés-de-seconde rapides destinés à ébranler son adversaire.
Il a une prédilection particulière pour les doublés-dessous, pour les battements coupés-sur-pointe-dessus et pour les une-deux-coupés-dessous — coups qu'il exécute avec une extrême vitesse et beaucoup de précision.
Il pare bien surtout par les contres.
Parfois il « roule » les contres-de-tierce et les contres-de-septime jusqu'à rencontre du fer et riposte alors en liant celui-ci.
L'extrême agilité de son poignet lui permet de passer d'un contre à l'autre avec une grande dextérité en barrant toutes les lignes.
Il emploie rarement l'opposition ou la parade simple. Ses ripostes n'en arrivent pas moins rapides et précises, principalement celles par le coupé-dessous après la parade par le contre-de-quarte.
Doué d'un jugement très net et habile à tendre des pièges à ses adversaires, il prend parfois le temps avec une précision et un à-propos qui rappellent la manière de son père.
Souvent il fait de fausses attaques pour se ménager une contre-riposte ou une deuxième contre-riposte : cela donne naissance parfois à de bonnes phrases d'armes.
On peut lui reprocher justement de trop marcher et de trop rompre, de ne pas assez attaquer d'allonge, et de déployer parfois un excès de vigueur. Mais ce sont là des défauts qui s'amoindrissent chaque jour et qui disparaîtront bientôt, car Georges Robert sait, mieux que personne, ce qu'il faut entendre par un jeu correct et classique. Nul doute qu'il arrive, grâce à ses moyens exceptionnels et à sa volonté intelligente, à retrancher de son jeu certains côtés entachés de romantisme, tels que l'abus des marches et des coupés.