Louis Verdet

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Title
Louis Verdet
Description
This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier highlights Louis Verdet, a fencing master at the Heiser gymnasium's salle d'armes. Verdet began his fencing career at the 1st Regiment of Engineers under the renowned master Hug and later refined his skills under Jean Louis, one of the greatest fencing demonstrators of the era. He continued to develop as a fencer and teacher during his time with the Paris Guard, where he worked with M. d'Aubray and Collin. Since 1878, Verdet has been teaching at the Heiser salle, where his lessons, rooted in the principles of Jean Louis, have earned him high regard. His teaching emphasizes precise, unhurried movements that promote harmony and control, resulting in correct and elegant fencing techniques. Verdet's dedication and expertise have helped shape many skilled fencers, and he is known for his hardworking and modest nature.
Creator
Adolphe Tavernier (Author)
Date
1886
page start
224
page end
227
Temporal Coverage
Relation
Internet Archive
Publisher
C. Marpon et E. Flammarion
University of Toronto
Internet Archive
Rights
Public Domain
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Spatial Coverage
content
fr LOUIS VERDET

Louis Verdet est professeur de la vaste salle d'armes que M. Heiser, successeur de Paz, a fait aménager avec tant de confort dans une des ailes du grand gymnase de la rue des Martyrs.

Verdet a commencé ses premières armes au 1er régiment du génie, en 1849, sous la direction de Hug, un maître d'armes célèbre de l'époque, qui a eu entre les mains les Sauvaire, les Saintoyan, les Guinot, les Duffetel, les Delplanque, etc. Il a donc été à bonne école; il a eu, enfin, la bonne fortune, tout comme l'excellent maître Ruzé, d'approcher l'illustre Jean Louis, — le plus grand démonstrateur de l'époque — et de recevoir ses précieux conseils.

Passé dans la garde de Paris, Verdet, durant les quinze années qu'il passa dans ce corps d'élite, ne cessa de se perfectionner dans l'art de l'escrime, sous la direction de M. d'Aubray, d'abord, puis de Collin.

Plus tard, comme prévôt à la salle Caïn, puis à la salle Hyacinthe, il s'est révélé tireur de mérite.

Verdet professe depuis 1878 à la salle d'armes du gymnase Heiser.

Il y a formé ou perfectionné beaucoup d'élèves et sa leçon, qui procède directement de celle de Jean-Louis, y est fort appréciée.

Il est incontestable que si cette leçon était enseignée partout dans sa sévère application, nous n'aurions que des tireurs corrects au lieu des tireurs désunis et fantaisistes que nous voyons trop souvent dans les assauts publics.

Dans cette leçon, les mouvements doivent être exécutés sans précipitation ni saccades, avec tout le moelleux possible, le bras s'allongeant graduellement dans toute sa longueur et précédant toujours le départ du pied. — C'est en observant rigoureusement ces principes que la tête arrive à présider et à commander à l'instant à tous les mouvements du corps qui sont alors pleins d'harmonie et de rapidité au lieu d'être décousus et pleins de gaucherie.

Dans son enseignement, Verdet ne cesse de prôner ces principes salutaires.

Parmi les meilleurs tireurs de la salle Heiser, il convient d'en citer, tout d'abord, deux :

M. Cocquelet père, — le plus ancien tireur de la salle, qui a du brio dans l'attaque et d'excellentes parades-ripostes; et Claude La Marche, — un tireur d'infiniment de jugement, prompt à l'attaque et au redoublement, comme la main vite et sévère est prompte à la riposte, — auteur d'un remarquable et intéressant Traité de l'épée, illustré par Marins Roy.

Viennent ensuite : MM. Gaston Floret, Jules Lallier, Horace Herwegh, Radin, Ricardo Ortiz de Zevallos, Ch. Serment, Georges Mottu, Chancel, Guyvillier, tous tireurs possédant une bonne force d'escrimeurs.

Une mention spéciale est due à M. Marpon, qui, à force d'éditer des ouvrages d'escrime et de duel, s'est épris d'une belle passion pour la noble science. Il est devenu un tireur vigoureux attaquant avec à-propos et ripostant parfois très heureusement du tac-au-tac.

Coquelin cadet s'est mis aussi à tirer ferme le fleuret; il s'est fait un jeu correct et assez toucheur. Au reste, Cadet est un malin et quand il ne peut vous toucher aussi souvent qu'il le désire, il remplace le coup de bouton par un mot drôle. L'adversaire rit, — est désarmé, par conséquent, — et Cadet en profite pour lui allonger un formidable coup droit en pleine rate.

On peut encore citer parmi les bons élèves de la salle : MM. Leker, Mottu père, Paul Lejeune, Maxime Paz, docteur Latty, Renard, Brasseau, Léon Bienvenu, Marchal, Terrier, docteur Laburthe, Camus, docteur Gouverné, Boivin, Meissonnier, Léon Cocquelet, Marins Roy, C. Beraud, Schwab, Bruhl frères, Zadock-Kahn frères, Hardouin, Blumenthal, Constant Heiser, directeur de l'établissement, Delombre, rédacteur au Temps, le Dr de Saint-Germain aîné et ses fils, Dalloz, Berthier, Collet, docteur Hervé, Michel, rédacteur au Siècle, et nombre de commençants qui donnent déjà plus que des espérances.

On voit que Verdet a de quoi faire avec un aussi grand nombre d'élèves. Il est, d'ailleurs, laborieux, actif et modeste : trois qualités qui ont contribué à faire aimer et estimer de tous cet habile professeur. Il est d'ailleurs bien secondé par Mercier, un des meilleurs élèves de l'école de Joinville, qui sort du 63ᵉ de ligne.