Lamin

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Title
Lamin
Description
This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier introduces Adjutant Lamin, a well-known and respected fencing master at Saint-Cyr. He is cherished for his dedicated teaching and the thoughtful way he guided his students, including many of the army's brightest officers. Lamin is remembered for his patience, particularly in teaching the meticulous seven-step guard position, which emphasized precision and academic form. His method focused on engaging the student's intellect, rather than just treating fencing as a physical exercise. Lamin's contributions to fencing include a small but insightful theory of the sport, though his modesty has kept it from wider recognition. His distinguished service has earned him both the military medal and the red ribbon.
Creator
Adolphe Tavernier (Author)
Contributor
G. Genilloud
Date
1886
page start
228
page end
230
Temporal Coverage
Relation
Internet Archive
Publisher
C. Marpon et E. Flammarion
University of Toronto
Internet Archive
Rights
Public Domain
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Spatial Coverage
content
fr LAMIN

Tout le monde, dans l'armée, connaît l'adjudant Lamin, premier maître à Saint-Cyr. C'est une des physionomies les plus sympathiques du vieux bahut, et nos plus brillants officiers ont été ses élèves.

Aucun d'eux, j'en suis sûr, n'a oublié le soin qu'il mettait à leur démontrer son art, et surtout la bonhomie, non sans finesse, avec laquelle il fermait les yeux sur les peccadilles de chacun.

C'était en 18.., mon spirituel ami de C, auquel je dois ces lignes, était élève de première année, ou mieux melon, pour parler le langage de l'école. On amena les melons sur deux rangs à la salle d'armes et on les fit aligner. Ils se tenaient immobiles, raides comme des piquets, sans carotter, avec la conscience de véritables néophytes. Un homme de taille moyenne, la moustache taillée en brosse, et portant sur sa veste de toile un nœud hongrois en tresse noire, s'avança vers eux :

« Messieurs, leur dit-il, vous prenez aujourd'hui votre première leçon. Je vous recommande l'attention. L'escrime, en effet, développe le coup d'œil, le jugement, la dextérité physique, le départ du pied, la main, en un mot, toutes les parties du corps. Le général y tient et il a raison. »

C'est dans ces circonstances que mon ami de G..., vit Lamin pour la première fois.

Il avait fait un peu d'escrime avant d'entrer à Saint-Cyr, et il avait la prétention de savoir se mettre en garde. Quelle erreur était la sienne! Il ne connaissait pas la mise en garde en sept temps, Lamin la lui apprit : Élevez l'épée, descendez la main droite, etc., etc. Cela durait bien vingt minutes, mais après cet effort de patience, on avait au moins une position académique.

C'était surtout pendant le mur que l'excellent maître déployait son activité. Il ne laissait passer aucune irrégularité, mais, hélas! quand il arrivait aux derniers tireurs, les premiers avaient bougé et il fallait tout recommencer. Quelques-uns y mettaient de la malice. Cet âge est sans pitié! Que voulez-vous, on s'ennuie tant à Saint-Cyr qu'il faut bien y rire de temps en temps, ne fût-ce que pour n'y pas pleurer.

Le premier maître, tout entier à la surveillance de la salle, ne peut donner leçon qu'à des privilégiés.

Sa méthode est des plus rationnelles. Lamin s'adresse toujours à l'intelligence de l'élève, différant en cela des trop nombreux démonstrateurs avec lesquels le plastron est un simple exercice de gymnastique.

Cette méthode, il l'a condensée dans une petite théorie de l'escrime, et il est regrettable que la modestie de l'auteur la condamne à rester inconnue.

Un mot pour finir : Lamin a de beaux états de service ; il a bien gagné la médaille militaire et le ruban rouge qui lui a été donné l'année dernière.