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Title
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Pons (Aîné)
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier reflects on the legacy of Pons aîné, the last of the great masters from the golden age of fencing. Known as "the old Pons," he was a contemporary of Bertrand, Lozès, and Prévost, and directed the renowned Académie d'armes on rue des Pyramides for nearly forty years. Despite his age and eventual blindness, Pons remained a formidable presence in the fencing world, having trained numerous notable students such as the baron de Bazancourt and the marquis de l'Angle-Beaumanoir. His teaching style was rooted in the classic principles of fencing, and he was known for his swift and precise ripostes. Pons's career was marked by intense duels and serious injuries, yet he demonstrated remarkable courage and resilience throughout his life. Even after retiring and passing his salle to Roulleau, Pons's influence on the art of fencing endures.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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247
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page end
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251
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
PONS (aîné)
Le dernier survivant de la pléiade fameuse des maîtres d'armes de la grande école, le rival des Bertrand, des Lozès, des Robert aîné, des Prévost père, Pons aîné, — le vieux Pons, comme on disait, — s'est éteint l'année dernière à Chatou, où la cécité l'avait contraint, depuis deux ans, de reposer sa robuste vieillesse d'octogénaire toujours dispos.
Mon confrère de Saint-Albin a donné jadis, du remarquable homme d'épée qui disparaît, un croquis fort ressemblant :
« Pons est sec et nerveux comme une lame de fleuret, et sa mâle figure, un peu desséchée par les rides, accuse encore des traits pleins d'une énergique expression. Autrefois, il eut de grands succès de torse; admirablement découplé, il se posait crânement sur la planche, et, lorsqu'il faisait assaut avec le beau Bertrand, ils émerveillaient l'assistance par la correction de leur tenue. »
Charles Pons a dirigé pendant près de quarante ans la salle d'armes, ou mieux l'Académie d'armes, située jadis rue Saint-Honoré et aujourd'hui rue des Pyramides.
Il y a là, au premier étage, un local vaste et bien éclairé où abondent les panoplies, les portraits à l'huile, les gravures et les photographies. Un vrai petit musée tout entier consacré à l'escrime et à ses adeptes.
Les portraits à l'huile du baron de Bazancourt, du marquis de l'Angle-Beaumanoir et du duc de Rovigo, sont comme les dieux protecteurs de ce temple.
Comme presque tous ses collègues, Pons commença par professer dans l'armée. C'est ainsi qu'en 1819 nous le trouvons maître d'armes au 5ᵉ régiment royal d'infanterie. À cette époque, il eut un duel avec son ancien maître, Figuière. Alors qu'il n'était que prévôt, Pons avait eu à se plaindre de lui, et il s'était juré de se venger quand il serait devenu son égal.
On alla donc sur le terrain et, avec sa furia habituelle, Pons allongea à son ennemi un grand coup d'épée dans l'épaule.
Quelques vingt ans après, en 1839, nous le trouvons professeur du duc d'Aumale, qui lui dut sa tenue pleine de correction, et sa science des parades et des temps.
Vers 1845, Pons aîné fut mis à la tête de l'Académie d'armes, dont il était encore, en 1882, le professeur attitré.
Il va sans dire qu'il a tiré avec toutes les célébrités du fleuret. Mathieu Coulon, Daressy, Lozès aîné, Prévost père, Bertrand furent ses partenaires habituels.
C'est dans un assaut avec ce dernier, au Vauxhall, qu'il eut la cuisse traversée par un fleuret dont la pointe s'était brisée. Ce qui mit du baume sur sa blessure, c'est qu'il eut l'honneur, ce jour-là, de prendre trois coups de bouton à son illustre adversaire sans être touché lui-même.
Du reste, il n'en était pas à sa première blessure. En Angleterre, notamment, en faisant assaut avec un amateur de Londres, il reçut un coup de fleuret cassé si violent qu'il fut traversé de part en part. Il fit montre, en cette occasion, d'un courage et d'un sang-froid rares. Alors que son meurtrier involontaire, perdant la tête, s'arrachait les cheveux et se désolait, Pons retira lui-même le fer ensanglanté qui lui traversait tout le corps. —
On m'a raconté que, de désespoir, l'Anglais auteur de ce coup malheureux ne voulut plus, de sa vie, toucher un fleuret.
Pons aîné a formé une pépinière d'élèves très remarquables. Citons un peu au hasard : le célèbre baron de Bazancourt, l'irrégulier mais terrible gaucher; MM. le marquis de l'Angle-Beaumanoir, Pons neveu, le regretté professeur de la rue Boissy-d'Anglas, le duc de Rovigo; puis, plus près de nous : MM. le comte Potocki, le comte de Vibraye, H. de Pêne, le marquis de Beauregard, le comte de Bonneval, Gérard, duc d'Elchingen, Charles Le Roy, de Molombe, etc.
Pons n'était pas seulement un excellent professeur, ce fut encore, en son temps, un tireur de première force.
Bien que possédant à fond la science de l'escrime, c'était plutôt un tireur de tempérament, qui se servait très habilement de sa vigueur peu commune.
Ses coups favoris consistaient en battements-tirés-droit, en battements-coupé-dégagé, en coupé-une-deux, qu'il exécutait avec une vitesse étonnante. Il était également doué d'une main excellente, et, quand il se laissait attaquer pour se ménager une riposte, on était certain de la voir arriver avec une rapidité inouïe.
Pons avait cédé, voici trois ans, sa salle de la rue des Pyramides à Roulleau, l'un des excellents adjudants de l'École d'escrime de Joinville-le-Pont, qui, aidé de Michel Bettenfeld, continue les bonnes traditions de la maison.
Pons aîné a eu une vie assez agitée. Comme homme, il a suscité beaucoup de sympathies et aussi quelques antipathies. Ce n'en fut pas moins un professeur et un exécutant de premier ordre, dont le souvenir vivra dans la mémoire des fervents du fleuret.