H. Lozès

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Title
H. Lozès
Description
This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier recounts the life of Hippolyte Lozès, who passed away from a lung disease in his elegant home in Saint-Gaudens. He was one of the brothers of the famous Lozès, who won a significant prize at the 1830 international fencing competition in London. After his brother's death, Hippolyte took over part of his clientele and expanded his influence by teaching at various colleges and schools. Born in 1815 near Saint-Gaudens, Lozès was known for his solid build, lively eyes, and patient demeanor, which served him well as a fencing instructor. He taught for nearly fifty years at prestigious institutions like the École polytechnique and the École d'état-major, earning the Legion of Honor for his service. Although not a classical fencer, Lozès was a diligent and conscientious teacher who left behind a legacy of a well-lived life and a substantial fortune for his family.
Creator
Adolphe Tavernier (Author)
Contributor
G. Genilloud
Date
1886
page start
255
page end
258
Temporal Coverage
Relation
Internet Archive
Publisher
C. Marpon et E. Flammarion
University of Toronto
Internet Archive
Rights
Public Domain
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Spatial Coverage
content
fr H. LOZÈS

Hippolyte Lozès est mort presque en même temps que Désiré Robert, dans son élégant castel de Saint-Gaudens, où il s'était retiré à la suite d'une maladie de poitrine qu'il avait contractée à Paris.

C'était l'un des frères du célèbre Lozès, qui gagna à Londres, au grand concours international de 1830, le prix de cinquante mille francs.

Revenu à Paris, le lauréat ouvrit plusieurs salles d'armes dans différents quartiers, ce qui lui valut, en quelques années, une assez jolie fortune.

Après sa mort, ses trois frères se partagèrent ses clients, et Hippolyte Lozès, qui eut l'idée d'y joindre un certain nombre de collèges et de pensionnats, vit bientôt la fortune lui sourire.

Il était né en 1815, dans un petit village voisin de Saint-Gaudens.

Au physique, c'était un homme d'une taille un peu au-dessus de la moyenne et solidement charpenté.

Je le revois encore au lycée Louis-le-Grand où, dans ma prime jeunesse, je l'eus comme professeur d'escrime, allant de l'un à l'autre, félicitant les studieux et gourmandant les paresseux.

Il avait les yeux petits et vifs, le visage doré par le soleil du Midi; la bouche, sans cesse souriante, dénotait une aménité de caractère qui se démentait bien rarement. Il faut avoir vu ce professeur à l'œuvre, comme nous l'avons vu nous-mêmes, pour savoir de quel trésor de patience il était doué.

Rien ne le rebutait : ni l'indiscipline des uns, ni la répugnance des autres, ni les niches plus ou moins spirituelles des jeunes lycéens. Son indomptable ténacité et son inépuisable patience finissaient par vaincre les plus récalcitrants.

J'ai conservé de ce maître un souvenir attendri, car c'est lui qui, le premier, m'a mis le fleuret en main et a fait retentir à mon oreille les premières louanges de ce noble exercice de l'escrime.

Il m'a raconté bien des fois qu'il était venu à Paris en 1831, fasciné par la célébrité de son grand frère le Fort. Il avait alors 16 ans. Le grand frère mit le fleuret en main au petit et lui donna quotidiennement une de ses leçons, — comme il savait en donner.

Au bout de six années d'un travail très assidu, le jeune homme posséda bientôt, grâce à ce maître merveilleux, la science de l'escrime.

Appelé à remplacer, quelque temps après, son frère aîné à l'École polytechnique et à l'École d'état-major, il y professa pendant près d'un demi-siècle.

Le ruban de la Légion d'honneur fut la récompense de ses longs services.

Un assaut qu'il aimait à rappeler était celui qu'il avait eu à soutenir chez lord Seymour contre sir Richard Wallace, l'oncle, si je ne me trompe, du généreux et millionnaire donateur des populaires fontaines qui portent son nom.

Les deux champions déployèrent une ardeur, une énergie et une habileté qui leur valurent une ovation chaleureuse et méritée.

Dans ses dernières années de professorat, H. Lozès a eu la satisfaction de donner des leçons aux enfants de ses premiers élèves.

Cette particularité lui permettait de stimuler l'amour-propre de ses jeunes disciples par de doux reproches dans le genre de celui-ci : « Ah ! monsieur, votre père avait bien plus d'énergie que vous et il mordait bien mieux à l'escrime. »

H. Lozès n'a jamais été un tireur classique ni un tireur de première force. Mais c'était un professeur très consciencieux, fort bon en dépit de quelques bizarreries de caractère, et un laborieux qui a laissé à sa veuve et à son fils, avec le souvenir d'une vie bien remplie, une très jolie fortune.