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Title
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Mimiague
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier describes the legacy of Mimiague, a remarkable fencer and an even more distinguished teacher. Mimiague, founder of the salle d'armes on Rue Richelieu, was known for his tall stature, expressive features, and vibrant personality. He trained under the renowned Jean-Louis and became a master of the "grande école," earning recognition for his skillful attacks and precise defenses. Mimiague's most notable move, the "coup de Mimiague," was a masterful sequence that highlighted his tactical genius. His salle d'armes, which later became a fencing club, produced many outstanding students who remained deeply loyal to their mentor. Even after his passing, his students upheld his legacy, ensuring that the club continued to thrive and maintain the high standards set by their beloved teacher.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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259
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page end
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263
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
MIMIAGUE
Avec Mimiague s'est éteint incontestablement un remarquable exécutant et un professeur plus remarquable encore.
Le fondateur de la salle de la rue Richelieu était un homme de belle taille, bien découplé, à la chevelure abondante, au teint bistré et à l'accent particulier révélant, à ne s'y point méprendre, l'homme du Midi. Quand je l'ai connu, il avait quelque peu neigé sur les cheveux — jadis noirs comme jais — du maître; mais les yeux avaient conservé toute la vivacité et le feu de la jeunesse, et la bouche souriante et narquoise dénotait le Gascon « malin », un peu méfiant, mais bon enfant au fond et désireux de plaire.
On pouvait définir Mimiague un d'Artagnan mâtiné de Porthos — malice et naïveté mêlées.
Parvenu à la réputation et à la fortune, on peut dire qu'il avait bien mérité l'une et l'autre. Il serait, en effet, difficile de déployer plus d'énergie, plus de ténacité, plus de ressort contre la mauvaise fortune que ne le fit Mimiague.
Il avait commencé les armes à son arrivée comme recrue au 11e régiment d'artillerie. Il aimait l'escrime d'instinct ; aussi ne tarda-t-il pas à faire d'étonnants progrès, qui lui permirent, au bout de quelques années, de prendre part à un concours de prévôts militaires et de décrocher la nomination de maître d'armes au 5e léger, à Montpellier.
Justement, le célèbre Jean-Louis enseignait à la même époque, dans cette ville, les principes de son art avec un grand éclat.
Il devint bientôt le disciple assidu du remarquable maître qui a laissé tant d'excellents élèves.
Peu après, Mimiague commença à tirer en public.
Il eut l'honneur de croiser le fer, notamment avec Berryer, qu'il rencontra sans désavantage ; avec Eugène Grisier, qu'il battit ; avec le grand Robert, dont il devint le rival.
C'était un maître de la grande école, à la tenue vraiment classique, un tireur de tête, dont le jugement, toujours en éveil, était bien servi par les qualités physiques.
Dans l'attaque, il affectionnait un coup dénommé « coup de Mimiague », c'était un « une-deux-trois » accompagné d'un retrait de bras à la troisième feinte d'une correction douteuse, mais d'un succès presque certain.
La défense était chez lui au moins à la hauteur de l'attaque. Il avait des ripostes « du tac » et des ripostes par le contre-de-quarte-coupé-dessous d'une rare maîtrise.
Mimiague fut un excellent professeur. Je n'en veux pour preuve que le grand nombre d'élèves remarquables qu'il a formés.
Il avait fondé, voici environ vingt ans, la salle d'armes de la rue Richelieu. J'ai là sous les yeux l'annuaire de la salle Mimiague, qui s'est convertie, il y a peu de temps, en cercle d'escrime sous la présidence de M. Chabrol, conseiller d'État et l'un de nos meilleurs fleurets parisiens.
Citons parmi les principaux élèves de Mimiague, qui tous avaient voué une affection profonde à leur maître : MM. de l'Angle-Beaumanoir, un admirable pareur, un tireur de premier ordre ; H. de Villeneuve, président de la Société d'encouragement de l'escrime ; Guignard, capitaine Dérué, Sarlin, un riposteur remarquable ; Tony Girard, Gamuset, Devillers, Gomez, Morel, Chabert, Beauvois-Devaux, Georges Audouin, tous tireurs excellents et très appréciés dans les assauts publics.
Mimiague était fort laborieux à sa salle ; il ne quittait guère le plastron de maître d'armes, de trois heures de l'après-midi à huit heures du soir ; il professait, en outre, à l'école Fénelon, au Cercle Agricole, à l'école Sainte-Anne.
En somme, c'est un maître d'armes qui a disparu avec lui.
La mémoire de Mimiague pourra être évoquée à côté des illustrations de l'escrime qui se sont appelés : Bertrand, Lozès aîné, Cordelois, Prévost père, Berryer aîné, Pons.
On sait que les élèves de la salle Mimiague, loin de se disperser après la disparition de leur maître, ont, au contraire, tenu à resserrer les liens de la camaraderie qui les unissaient déjà.
Ils se sont cotisés et ont réuni tout de suite une grosse somme qui leur a permis de s'installer dans des conditions de confort tout à fait exceptionnelles, rue Saint-Honoré, dans une salle d'armes aussi belle que bien aménagée.
Large, l'ancien prévôt de Mimiague, a été promu professeur de la nouvelle salle ; il y continue les traditions de la méthode consciencieuse professée si longtemps par le regretté maître, et à côté des vétérans du fleuret, dont je citais tout à l'heure les noms, il se forme une pépinière de jeunes tireurs qui commencent à tirer en assaut public, non sans succès.
Le Cercle d'escrime Mimiague, loin de péricliter, comme on pouvait s'y attendre par suite de la disparition de son créateur, est au contraire plus prospère que jamais, grâce au dévouement des anciens élèves de la salle qui se sont serrés les coudes au bon moment.
L'escrime n'a qu'à gagner à une pareille solidarité.