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Title
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fr
L'Escrime dans l'Armée
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Alternative Title
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en
Fencing in the Army
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Description
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This chapter from "Amateurs et salles d'armes de Paris" by Adolphe Tavernier discusses the decline of fencing in the French army, despite regulations mandating its practice. Although the military encourages fencing, it is often neglected, with very few officers regularly engaging in the sport. The author attributes this decline to the indifference of commanding officers and the inadequate facilities available for training. Many officers are not even familiar with basic fencing techniques, which was not the case in earlier times. Tavernier argues that fencing is vital for developing essential military qualities like decision-making, composure, and judgment. He calls for urgent reform to restore fencing to its former prominence in the army, urging the Minister of War to enforce existing regulations and improve training conditions.
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Creator
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Adolphe Tavernier (Author)
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Contributor
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G. Genilloud
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Date
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1886
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page start
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309
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page end
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317
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Publisher
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C. Marpon et E. Flammarion
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University of Toronto
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Internet Archive
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Rights
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Public Domain
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Format
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Book
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Language
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French
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content
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fr
L'ESCRIME DANS L'ARMÉE
Voilà longtemps que j'ai à cœur de traiter ce sujet intéressant entre tous. Voilà bien des fois que cette question tente ma plume. Seulement, je n'ai rien voulu livrer au hasard, j'ai tenu à n'avancer que des faits probants, des affirmations indiscutables et, pour ce, j'ai consulté les gens du métier : des officiers de toutes armes. Eh bien, tous ceux que j'ai interrogés — et ils sont nombreux — m'ont fait la même réponse : « Loin d'être en honneur dans l'armée française, l'escrime n'y est, pour ainsi parler, plus cultivée. »
Cette conclusion m'a plus affligé qu'elle ne m'a surpris. Personnellement, il m'a été donné de constater dans les différents régiments par lesquels j'ai passé que les quatre cinquièmes des officiers de ces différents corps n'avaient jamais tenu un fleuret.
Quelles sont donc les causes du discrédit profond dans lequel est tombé cet exercice si noble, si magnifique et si utile de l'escrime dans l'armée ?
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Donnons d'abord la parole au règlement. Nous y lisons les prescriptions suivantes :
« L'enseignement de l'escrime est obligatoire et gratuit.
« Dans chaque casernement, une salle d'armes spéciale est affectée aux officiers qui doivent s'y exercer à des exercices réguliers et journaliers pour donner aux troupes l'exemple du goût de l'escrime. (Circulaire ministérielle du 7 mai 1875). À cet effet, le maître d'armes et les prévôts sont mis à leur disposition à des heures fixées par les chefs de corps ou de détachements, qui doivent chercher à mettre les armes en honneur, en encourageant les assauts publics et en engageant les officiers à y assister, à y participer même pour leur donner plus de solennité.
« On mentionne dans les notes données aux officiers leur aptitude pour l'escrime. »
Voilà qui est parler d'or, n'est-il pas vrai ? À n'écouter que ce mirifique règlement, on s'imaginerait que tous les officiers de chaque régiment suivent la salle d'armes avec assiduité et sont familiarisés avec le maniement du fleuret et de l'épée.
Eh bien, consultez n'importe quel officier subalterne, supérieur ou général, consultez surtout les maîtres d'armes militaires, lesquels gémissent tout bas sans oser se plaindre, et tous, sans exception, vous confirmeront la triste réalité des choses qui est celle-ci : il n'est pas trois officiers par régiment qui fassent des armes d'une façon suivie.
Vous entendez, sur plus de cinquante officiers, il n'en est pas trois qui sachent manier un fleuret.
Eh bien, franchement, cela est déplorable ; si j'osais, je dirais le vrai mot, cela est honteux !
Quoi ! l'épée n'est donc plus l'arme nationale par excellence, que nos officiers — dont c'est le métier — ne savent plus s'en servir ?
Qu'on se reporte à l'époque où les armées alliées campaient en France. Il y avait, tous les jours, vingt duels entre Français et étrangers, et dix-neuf fois sur vingt, l'épée française était victorieuse.
Croyez-vous qu'en 1870 nos officiers — dont la bravoure est certes à la hauteur de celle de leurs aînés — auraient pu les renouveler, ces exploits ?
Non ! Mille fois non !
Il faut avoir le courage de l'avouer : très généralement l'officier français est beaucoup moins ferré sur l'escrime que l'officier étranger.
On me dira que ce sont là des vérités qui ne sont pas bonnes à dire. Tel n'est pas mon avis. C'est surtout en ces sortes de matière qu'il est mauvais de farder le vrai, et par excès de chauvinisme, de continuer à crier que tout va admirablement bien dans l'armée française.
—
D'où vient donc que cet exercice si beau, si profondément militaire, soit ainsi délaissé par les officiers ?
Il y a à cela deux causes principales :
La première, c'est que la plupart des chefs de corps — pour ne pas dire tous — se moquent de l'escrime comme un poisson d'une pomme, n'entrent jamais à la salle d'armes et oublient d'observer les circulaires ministérielles traitant de la matière.
L'impulsion ne se faisant pas sentir d'en haut, on délaisse les armes, et le peu que l'on avait appris étant au collège, ou sous-officier, est bien vite oublié.
On note les officiers sans les voir à l'œuvre. On se contente de leur demander : « Êtes-vous fort en escrime ? » Et c'est eux-mêmes qui sont chargés de résoudre la question.
La deuxième raison est l'insuffisance des locaux et leur installation plus que défectueuse.
Il s'en faut de beaucoup, en effet, que les casernes possèdent un local spécial affecté aux officiers.
Le plus souvent, la salle est commune aux officiers et aux soldats. On peut facilement remédier à cet inconvénient en prescrivant au tableau de service que la salle d'armes sera exclusivement à la disposition des officiers de telle heure à telle heure.
L'installation défectueuse des salles d'armes est évidente.
Il est des salles qui n'ont pas même de poêle pour faire sécher les effets et chauffer la pièce où l'on travaille.
Bien mieux. La pépinière de nos maîtres d'armes située au camp de Saint-Maur porte le nom pompeux d'École normale.
Allez voir cette installation et vous serez édifié !
L'enseignement se donne dans d'immenses baraques en planches construites pendant la guerre et encore vierges de réparations.
Dans ce milieu où les vents se donnent rendez-vous, on y cultive avec un égal succès les attaques, les parades et les ripostes, les rhumes, les bronchites et les fluxions de poitrine.
— « Si ces baraques étaient en bois de réglisse seulement », nous disait un brave troupier.
Cet état de choses a fait le désespoir des excellents adjudants-professeurs Rouleau, Hottelet, Boulanger et Breton, de notre unique École nationale d'escrime.
Tout cela est triste et si l'on n'y remédie, on verra bientôt la fin de cet art si noble, si français, déjà si complètement délaissé dans l'armée par ceux qui devraient donner l'exemple.
Grâce à M. le marquis de Valfont, alors député, 100 maîtres d'armes sur 280 environ peuvent être nommés adjudants, après concours.
Sans cette mesure qui date de 1874, nous n'aurions plus aujourd'hui de maîtres d'armes militaires vraiment dignes de ce nom.
Fort heureusement, il en est encore d'excellents, et les officiers qui ne fréquentent pas la salle d'armes sont sans excuses.
Il n'est pas possible que ces messieurs ne se rendent pas compte des innombrables bienfaits de l'escrime.
Ce magnifique exercice les tient en haleine, en état d'entraînement parfait, il leur fait acquérir le coup d'œil, le sang-froid, la décision et le jugement : toutes qualités indispensables à la guerre et que devrait posséder tout officier pour être à la hauteur de sa noble et difficile mission.
Nous avons donc l'intime conviction de combattre le bon combat en signalant le discrédit dans lequel est tombé dans l'armée cet art éminemment national et utile.
Nous adressons ici un chaleureux appel à M. le ministre de la guerre, dont les excellentes intentions nous sont connues.
Nous le supplions de remédier, dans le plus bref délai, à un état de choses aussi déplorable.
Qu'il fasse respecter les règlements militaires relatifs à l'escrime ! Qu'il force les officiers à fréquenter les salles d'armes, qu'il les oblige à passer de fréquents examens devant un jury de connaisseurs, et l'escrime ne tardera pas à redevenir en honneur dans l'armée française.
Voilà une réforme nécessaire, urgente, patriotique, et qui vaudra à son auteur l'ardente reconnaissance de tous ceux qui ont souci des intérêts de l'armée française.