I. Rôle général de l'Ecole

Item

Title
fr I. Rôle général de l'Ecole
Alternative Title
en I. General role of the School
Description
This chapter from "Notice sur l'École Supérieure d'Éducation Physique de Joinville-le-Pont" by Lieutenant-Colonel Labrosse outlines the primary objectives of the École Supérieure d'Éducation Physique de Joinville as established by the Ministry of War in 1912. The school's mission includes educating military officers in physical training, forming physical education instructors, and researching improvements in physical education and fencing methods. The school's role extends beyond the military, influencing national education and physical training practices throughout France. The chapter notes the school’s significant impact on both military and civilian physical education, demonstrating its comprehensive approach to physical fitness across various age groups and sectors.
Creator
Labrosse, Lieutenant-Colonel (Author)
Date
1930
page start
10
page end
12
Temporal Coverage
Publisher
Fencing Arms & Artifacts
Rights
CC BY-NC 4.0
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Identifier
2021.01.004
Spatial Coverage
Provenance
Loaned for digitization by Benjamin Bowles
Digitized by Benjamin Bowles
Cataloged by Benjamin Bowles
content
fr I. Rôle général de l'École

Le but de l'Ecole Supérieure d'Education Physique de Joinville est fixé par l'Instruction ministérielle du ler septembre 1912, et bien que depuis cette date, le rôle de l'École se soit accru, cette instruction est toujours en vigueur dans son ensemble.

Elle indique, en résumé, dans son article premier, que l'École a pour but :
« - d'enseigner aux officiers tout ce qui se rattache à l'éducation physique de la troupe ; -
- de former des moniteurs et des instructeurs d'éducation physique pour les écoles militaires et les corps de troupe. - (Il faut y ajouter les centres régionaux et les services régionaux et départementaux d'éducation physique, créés en 1916-1917, et qui ont été depuis, étendus aux colonies françaises.
- de former des Maîtres d'Armes pour l'enseignement de l'escrime ; -
- et enfin, d'étudier les perfectionnements à apporter aux méthodes de l'éducation physique et de l'escrime et d'en expérimenter les procédés normaux... »

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Fondée par le Ministère de la Guerre en 1852, l'Ecole de Joinville, bien qu'elle ait souvent compris des éléments étrangers à l'armée, a toujours été essentiellement militaire. Son rôle aurait donc dû, normalement, se limiter à l'éducation du soldat ; il n'en a certainement pas été ainsi et c'est même là un reproche que l'on a parfois adressé à l'École.

Cette extension du rôle de Joinville tient à plusieurs causes qui échappent le plus souvent à ceux qui lui font cette critique.

Tout d'abord, l'Ecole de Joinville a été, pendant près d'un demi siècle, la seule École d'Éducation Physique de France, et même encore aujourd'hui, elle est toujours la seule école de ce genre, organisée et fonctionnant d'une manière continue. Ses méthodes ont régi et inspiré non seulement l'enseignement donné dans l'Armée, mais dans la Marine.

Ensuite, il est indéniable que l'Éducation Physique forme un tout et qu'il est impossible, à qui s'occupe de l'éducation physique du soldat, d'ignorer celle de l'enfant, de l'adolescent et de l'homme fait. Au reste, l'armée n'a jamais été composée seulement de jeunes gens d'environ 20 ou 21 ans ; elle .a toujours compris les enfants et les adolescents des Écoles militaires prépatoires (La Flèche, Rambouillet, Tulle, Autun, Billon, les Andelys, Montreuil, St-Hippolyte-du-Fort), et les officiers et sous-officiers le tous âges.

Par suite, Joinville a été conduite, par son rôle même, à s'occuper de l'ensemble de l'Éducation Physique.

L'extension du rôle primitif de Joinville a reçu d'ailleurs plus d'une consécration officielle ; pendant de longues années, ses règlements ont, sinon régi, du moins fortement inspiré les maîtres civils chargés de l'Éducation physique dans les écoles de l'enseignement public ou privé ; c'est elle qui a formé ces maîtres civils ; c'est encore dans son enseignement que la plupart des créateurs de systèmes " nouveaux " ont puisé leurs rudiments, avant de voler de leurs propres ailes ; et lorsque l'École, dès 1902, fut pourvue de laboratoires de recherches scientifiques, elle fut en mesure d'aborder le problème de l'Éducation Physique dans toute son ampleur. Aussi, quelques années plus tard, le Ministre de l'Instruction Publique lui confiait-il la tâche de préparer les instituteurs présents sous les drapeaux à leur rôle d'éducateurs physiques et d'enseigner aux élèves de l'Ecole Normale Supérieure de Paris et de l'Ecole Normale Supérieure d'Enseignement primaire de Saint-Cloud, les méthodes -d'Éducation Physique de la jeunesse.

En outre, et à la même époque, Joinville fut appelée à s'occuper des malingres, des " diminués " physiques, lorsque le Ministère de la Guene lui confia le soin de rechercher les moyens d'améliorer physiquement les hom-mes du service auxiliaire, qu'une nouvelle loi appelait sous les drapeaux ; et ainsi, cette Ecole. qui semblait ne devoir son renom qu'aux manifestations de la force, élargit encore sa tâche et prit l'habitude de s'intéresser aux faibles.

A ce moment, on a pu dire avec raison que l'Ecole de Joinville fonctionnait réellement comme une École Nationale d'Education Physique,

Une dernière cause est venue encore élargir ce rôle. En 1916, en pleine guerre, l'École a reçu toute une série de missions, dont l'utilité immédiate n'a pu que la confirmer dans l'extension de sa tâche ; dès la fin de 1918, elle proposait au Ministre de la Guerre qui l'adoptait, ainsi que le Ministre de l'Instruction Publique, un vaste plan d'ensemble pour l'Education Physique Na-tionale et tous les règlements nécessaires à la réalisation de ce plan (Ces règlements. intitulés a Règlements provisoires d'Éducation Physique » ont parus de 1919 à 1922). Oeuvre nouvelle et complète, que l'École n'a cessé de perfectionner depuis lors et qui vient d'être à nouveau, en 1927, précisée et appuyée par la publicatiœr du premier volume du Règlement général d'Éducation Physique, où se trouvent condensés les principes et exposés les procédés de la Méthode française d'Éducation Physique, pour les deux sexes et pour tous les âges.

Œuvre militaire, a-t-on dit, œuvre de la militarisation de la Nation : Non ! Œuvre large, aboutissement des travaux d'AMOROS, de LAGRANGE, de MAREY, de DEMENY, des physiologues et (les psychologues les plus estimés, oeuvre pratique aussi d'une école qui a toujours fourni à la France les meilleurs pédagogues d'Éducation Physique et qui ne s'est pas figée dans des formules rigides. Œuvre de militaires, certes,._ mais de militaires qui ont élargi leur horizon et travaillé pour l'ensemble de leur nation, avec un désintéressement total, en pleine indépendance, mais en étroit accord avec les données scientifiques les plus récentes.

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L'enseignement actuel de Joinville comprend ainsi deux parties :

L'une relève de son plan général d'Education Physique et s'adresse aux éducateurs de la jeunesse, comme aux professeurs qui s'occupent de l'entretien physique de l'âge mûr ; cette partie n'a aucun caractère militaire et concerne les deux sexes.

L'autre est consacrée à l'Education et à l'entraînement physique des éléments dont l'Armée se compose; elle vise elle-même deux sortes d'activité : la continuation de l'Education Physique générale, aussi nécessaires aux militaires qu'aux civils, et l'adaptation des militaires à leurs fonctions spéciales diverses.
Un court historique, un aperçu de l'organisation de l'École et un exposé sommaire de ses Méthodes actuelles feront mieux comprendre son rôle présent et passé, ainsi que les perspectives d'avenir.