VII. Perspectives d'Avenir

Item

Title
fr VII. Perspectives d'Avenir
Alternative Title
en VII. Future Prospects
Description
This chapter from "Notice sur l'École Supérieure d'Éducation Physique de Joinville-le-Pont" by Lieutenant-Colonel Labrosse discusses the future prospects of the school, considering both the challenges and opportunities ahead. The school aims to continue its leadership in physical education by adapting to new scientific discoveries and societal needs. The chapter acknowledges the potential for structural changes that could enhance the school’s capabilities, such as transforming it into a national institute. Despite the evolving landscape of physical education, the school remains committed to its mission of advancing the science and practice of physical fitness.
Creator
Labrosse, Lieutenant-Colonel (Author)
Date
1930
page start
84
page end
88
Temporal Coverage
Publisher
Fencing Arms & Artifacts
Rights
CC BY-NC 4.0
Format
Book
Language
French
Type
Chapter
Identifier
2021.01.004
Spatial Coverage
Provenance
Loaned for digitization by Benjamin Bowles
Digitized by Benjamin Bowles
Cataloged by Benjamin Bowles
content
fr VII. Perspectives d'Avenir

A une époque où la France réduit ses effectifs Militaires et la durée du service actif sous les drapeaux, il est permis d'examiner quel sort l'avenir peut réserver à l'œuvre de Joinville et à cette École elle-même.

Placée à l'avant-garde du mouvement de l’Education physique, après une existence et un labeur continu de plus de soixante-dix-huit années, l'École de Joinville, essentiellement militaire, devenue nationale parla force des choses et devant l'insuffisance des autres organismes d'éducation, doit-elle diminuer avec le volume de l'armée, se transformer nettement en une école mixte nationale par l'adjonction d'éléments de l'Instruction publique ou continuer à remplir son rôle actuel, dont les exigences font craquer de toutes parts à la fois son organisation statutaire, son budget et les moyens matériels dont elle dispose?

Tant de travaux scientifiques, tant de résultats inégalés dont les étrangers savent faire leur profit, tant de dépenses d'intelligence, de savoir, de labeur et d'argent, seront-ils tout à coup rayés du cadre de la vie française et perdus?

Celà semble impossible, et pourtant il en a été parfois question ; l'idée de faire table rase d'un passé, cependant si riche, et d'un présent, pourtant incomparable, a parfois germé dans certains esprits, d'ailleurs très favorables ait développement de l'Education physique. Ils ont envisagé la création de toutes pièces d'une nouvelle École, d'un Institut neuf en toutes ses parties.

LE PROJET D'INSTITUT NATIONAL D'ÉDUCATION PHYSIQUE :
L'École de Joinville, gênée dans sa vieille redoute de la Faisanderie et dans ses divers quartiers,dispersés,mal construits et incommodes,ne tient pas obstinément à ses installations actuelles (L'École actuelle n'a pas de piscine, ses bâtiments se composent de vieilles redoutes et de baraquements au camp de St-Maur et au camp des Canadiens ; ce dernier doit d'ailleurs disparaître à bref délai. Mais les terrains dont elle dispose, sont vastes et admirablement situés) ; elle a signalé la première, la désuétude de ces installations ; elle se verrait avec joie dotée de bâtiments et de terrains plus modernes, mieux adaptés à son enseignement.

Mais les installations matérielles, pour importantes qu'elles soient, ne sont pas tout. Le personnel d'instructeurs qualifiés, d'organisateurs expérimentés est d'une valeur au moins égale sinon supérieure à Celle du matériel. Joinville, grâce à sa longue existence et à ses missions étendues, a su doter la France d'un personnel rompu à toutes les questions concernant l'Éducation physique et sportive ; ce personnel est évidemment militaire, mais sa compétence dépasse le cadre de l'armée, dans ces questions spéciales. N'est-il pas naturel de conserver avec soin ce personnel si l'on en vient à créer de toutes pièces l'Institut national désirable?

Et de même, en l'absence de toute autre Méthode générale d'Education physique, n'est-il pas indiqué que cet Institut, à ses débuts, adopte, pour son enseignement la Méthode française, élaborée depuis AMOROS jusqu'à nos jours,par la collaboration des hommes désintéressés qui se sont préoccupés d'Éducation physique dans notre pays et qui ont trouvé, en tout temps, leurs meil-leurs émules à Joinville.

Le bon sens et la prudence indiquent que la France saura créer l'École nationale nouvelle qui lui est indispensable sans rejeter les sages méthodes et les bons serviteurs prêts à donner, à cette nouvelle École, une vie active et immédiatement féconde.

PROJET DE LOI DU 10 DÉCEMBRE 1920:
D'ailleurs, le projet de loi sur l'Education physique et la préparation militaire obligatoires, soumis au Parlement, le 40 décembre 1920, et en partie voté par lui, s'exprimait ainsi dans son article 27 :

« La préparation des maîtres de tous degrés, qui se destinent à l'enseignement de l'Éducation physique est assurée :

1o Par une École supérieure d'enseignement de l'Education physique où sont instruits :

a) Les professeurs spéciaux des deux sexes destinés à donner l'enseignement de l'Éducation physique dans les Écoles normales d'instituteurs et d'institutrices, dans les établissements de jeunes gens et de jeunes filles de l'enseignement secondaire.

b) Les instructeurs militaires d'Instruction physique destinés à donner l'enseignement dans les centres régionaux d'Education physique et à l'École de la Marine, et à diriger les services régionaux d'Instruction physique en vue de l'instruction dans les corps de troupe.

c) Tous autres candidats au brevet supérieur d'Éducation physique qui rempliront les conditions d'admission ».

Ainsi était annoncée la création d'une École Supérieure Nationale d'Education Physique, centralisant les moyens d'étude et la formation des maîtres pour les écoles subordonnées.

Et l'Article 27 ajoutait :

« L'École Supérieure de l'Enseignement de l'Education Physique est créée à Joinville par transformation de l'École Normale de Gymnastique et d'Escrime ».

Cet article 27 fut voté sans opposition par les deux Chambres ; l'ensemble du projet de loi échoua sur d'autres points. Il semble bien que les dispositions de l'art. 27, concernant la transformation de Joinville en École Supérieure Nationale, n'aient en rien perdu de leur sagesse.

Mais, depuis 1920, ce projet de transformation de Joinville a donné lieu lui-même à des études utiles et à divers projets de réalisation.

C'est que - nous l'avons vu - les installations de Joinville ne répondent plus aux besoins ; la vieille École éclate dans son cadre vétuste et même si elle devait se borner à continuer son rôle actuel, elle devrait être réorganisée d'urgence et dotée de moyens dignes des résultats qu'elle obtient, en dépit d'une organisation matérielle des plus précaire. Les temps sont donc proches où une décision devra être prise. Déjà, un projet de construction d'une École nouvelle modernisée a été étudié ; des devis et des plans ont été établis, seules, les difficultés financières du moment ont contraint à différer l'exécution de ce projet satisfaisant.

Il est d'ailleurs à souhaiter que cette réorganisation se fasse sur le large plan du projet de loi de 1920 et de son article 27 ; l'organisation et l'obligation de l'Education physique et de la préparation au service militaire sont éminemment désirables ; mais, quoiqu'il arrive, la France a, depuis longtemps déjà, .besoin, avant tout, d'une École Supérieure unique d'Éducation physique et sportive, conforme à ses aspirations et digne d'elle.

Il est permis d'espérer qu'elle créera cette École à bref délai, en tenant compte du sérieux bagage scientifique et pédagogique que Joinville a su réunir et accroître.