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Title
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fr
Sur la Planche : Les Frères Boulenger
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Description
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en
The article profiles the Boulenger brothers, Marcel and Jacques, who excel both in literature and fencing. Marcel, described as lean and energetic, contrasts with his younger, larger brother Jacques, who is equally skilled. Known for their flamboyant personalities, the brothers often mocked their fencing opponents through witty commentary and unconventional practices, such as wearing tight white uniforms and using monocles. They were celebrated fencers, consistently successful in matches, trained by renowned masters, and members of prestigious fencing clubs.
In addition to their prowess with the sword, both brothers were accomplished writers. Marcel's novels, marked by passion and flair, were well-received, while Jacques was recognized for his scholarly work on dandies of the Louis-Philippe era. Their lifestyle was a blend of intense intellectual labor and elegant sportsmanship, embodying a new generation of writers who embraced physical fitness alongside intellectual pursuits. This shift marked a departure from the frail image of the romantic writer, aligning with the classical ideal of a healthy mind in a healthy body.
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Date
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April 6, 1907
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issue
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446
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page start
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239
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page end
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239
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Rights
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Public Domain
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content
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fr
Sur la Planche : Les Frères Boulenger
Par J. J.-RENAUD
Les deux frères Marcel et Jacques Boulenger sont aussi habiles à l'épée qu'à la plume. On les compte parmi nos tout meilleurs escrimeurs et parmi nos écrivains les plus estimés.
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MARCEL, jeunet, mince, complètement imberbe, est l'aîné; Jacques, large, haut, presque athlétique, entièrement rasé, aux traits moins fins, lui fut donné, en protecteur, semblait-il, six années après sa naissance, par la naïve nature. Marcel bondit sous l'outrage, et devint, à peine sevré, tapageur, paradoxal, effervescent, impertinent, agressif; son gros bonhomme de cadet suivit naturellement cet exemple. Et ce fut un couple sans pitié.
Tenez! dès leurs premiers assauts, ils annoncèrent à haute et intelligible voix tous les coups, simplement pour faire remarquer que les neuf dixièmes des escrimeurs ont la veste très dure. Ils prirent, en une gazette, une rubrique spéciale qu'ils signaient « l'Adjudant » rien que pour clamer que M. X., maître ou amateur distingué, ayant reçu vingt coups et n'en ayant donné que trois, se prétend à tort victorieux; que tel autre, dont le jeu rappelle le bilboquet, le plumeau et l'archet de contrebasse, a tort de laisser ses amis célébrer son jeu « si fin et si classique ». Pour mieux faire ressortir le mauvais goût de la tenue ordinaire des tireurs d'assaut public, ils inaugurèrent un costume blanc sous lequel ils ne semblaient presque pas des mitrons, et si collant qu'ils devaient renoncer à se fendre. Pour se compléter dans l'observation impitoyable des torts d'autrui, ils portèrent monocle, Marcel à droite, Jacques à gauche. Enfin, ils s'adonnèrent passionnément à ce qu'un des grands esprits de France appelait « le plaisir aristocratique de déplaire ».
Entre-temps, ils faisaient de très beaux assauts. Le jeu de l'aîné est impétueux, touffu, nerveux, personnel; celui du cadet est beaucoup plus puissant et classique. Ils ont tiré avec un succès presque constant contre les meilleurs escrimeurs de cette époque, professeurs et amateurs. Élèves au fleuret de Mérignac père, ils s'entraînèrent ensuite à l'épée chez Ayat et sont membres maintenant l'un du Cercle de l'Escrime, l'autre du Cercle Hoche.
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Le sport n'exclut pas la valeur littéraire.
Tous deux écrivent avec grand talent. Très enthousiastes, les lettrés et le public accueillirent les romans pimpants et passionnés de Marcel, depuis Le Page jusqu'à L'Amazone blessée, en passant par Couplées et La Femme Baroque.
Jacques vient de publier Les Dandys, une longue étude extrêmement documentée et bien faite sur les élégants de l'époque de Louis Philippe, Brummell, d'Orsay, Lord Seymour. Avec une belle patience d'ex-élève de l'École des Chartes, il sut trouver, en des coins ignorés de nos bibliothèques, tous les matériaux nécessaires pour édifier à ces personnages légendaires, c'est-à-dire mal connus — jusqu'à ce volume! — des statues exactes, pittoresques, définitives. C'est une belle œuvre.
Leur vie se partage entre le travail le plus intense et les sports élégants : épée, chasse à courre, etc. Ils habitent Chantilly, parmi des aspects de nature et d'humanité bellement anciens ou bellement modernes.
Ils ont une élégance de manières et de vêtements très personnelle et qui ne passe point inaperçue. On leur reproche de s'habiller trop bien. Quel sot reproche ! En tout cas, ils justifient l'aphorisme de M. Oscar Wilde : « La seule façon de racheter une élégance parfois excessive consiste à faire preuve toujours d'une excessive bonne éducation ».
... Ils comptèrent parmi les épéistes de la seconde heure qui achevèrent la réforme de l'Escrime, mais ils combattent encore avec acharnement les concours en un coup et le jeu un peu spécial que ces concours imposent. Ils ne veulent pas être patients — et ils ne le sont pas — même en duel, car ils vont jusqu'au bout de leurs idées. Aussi, ne revinrent-ils indemnes que de deux duels sur les six qu'ils soutinrent. Mais le principe était sauf. Marcel fut spécialement déveinard en deux rencontres récentes — avec des adversaires d'ailleurs expérimentés et habitués au terrain. Qu'on ne s'y fie pas!...
Jacques se battit avec trois escrimeurs fort connus et redoutables, MM. de Boissière, Willy Sulzbacher et Bruneau de Laborie. Il blessa le premier, fit coup double avec le second, et fut blessé par le troisième. Ce n'étaient pas là des combats faciles.
Les deux frères Boulenger (vive Boulenger crie Louis d'Hurcourt quand l'un des deux tireurs blancs paraît) représentent nettement un des aspects de la jeune génération littéraire. Autrefois tout écrivain haïssait, et par principe, l'exercice physique ; dans le monde des lettres il était bien porté de se mal porter. Aujourd'hui il n'est plus de littérateur qui ne soit aussi un sportsman ; certains excellent dans leur sport ou sont même de véritables champions : Voyez André Lebey, Binet-Valmer et les frères Boulenger. On se souvient enfin du vieil adage mens sana in corpore sano. Les excentricités des romantiques, les langueurs maladives que produisit la littérature de Baudelaire, sont maintenant archi-désuètes. L'écrivain d'aujourd'hui a des muscles puissants et se délasse utilement des lettres grâce à l'exercice. On repose son cerveau en fatiguant son corps.
J. JOSEPH-RENAUD
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Marcel et Jacques Boulenger
Lorsqu'ils s'entraînent, les deux frères se donnent mutuellement d'utiles conseils. Ici, Marcel Boulenger étudie la fente de son frère Jacques, dont tout le monde admire l'allonge et la souplesse.
Marcel Boulenger
Marcel Boulenger, célèbre par sa campagne contre le duel, est un de nos plus habiles et de nos plus courageux escrimeurs.